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Le capitalisme en démocratie
Économie Jean-Charles Conti

Le capitalisme en démocratie

Le capitalisme est-il compatible avec notre démocratie ? Intuitivement non. L'un s'est bâti sur les inégalités de classes, tandis que l'autre se fonde sur l'égalité de tous en droit et en dignité. Pourtant, les deux cheminent ensemble depuis 1789. Où est le bug ? Dans la définition de la démocratie : il y en a deux ! La vraie qui n'a jamais vu le jour et la fausse, la nôtre.

Je l'ai même qualifiée, pour de bonnes raisons, de contre-nature, antidémocratique, immorale, illégitime et illégale (cf. le podcast Les deux démocraties). Or j'ai découvert depuis peu, à la lumière des travaux du communiste Bernard Friot, que la nature du capitalisme possédait les mêmes caractéristiques épouvantables (cf. l'actualité Capitalisme vs communisme). Du coup, tout s'explique : le capitalisme et notre démocratie sont parfaitement compatibles. Plus encore, ils se nourrissent mutuellement.

Pendant que nos supposés démocrates soumettent le peuple, avec force s'il le faut (les Gilets jaunes), le capitalisme peut s'épanouir à loisir. C'est ainsi que toutes les inégalités explosent comme jamais notamment après dix ans de macronisme (selon l'INSEE, un million de pauvres en plus, prix du logement inabordable, augmentation de 100.000 SDF, il y en a 350.000 à ce jour, pourtant la dette a aussi explosé de 1.300 Md€ en 10 ans…). Depuis 2017, la dette n'a jamais progressé à une telle vitesse !

Cependant, les deux étant contre-nature, contre notre propre nature humaine et contre la Nature elle-même (crise écologique et climatique), après 50 ans de néolibéralisme, celui qui a ouvert les vannes financières sans aucune limite, ils sont ensemble désormais à bout de souffle. Côté social, une colère en conscience gronde ; côté Nature, elle se dégrade au point de ne plus nous supporter (cf. l'été 2026). Ces deux colères associées, pour ainsi dire indépendamment, pourraient bien nous exploser à la figure.

En France, c'est tout l'enjeu des élections 2027 ! Or le seul mouvement social et politique qui incarne ce constat, à la fois vécu, indéniable et simple, s'avère Mélenchon avec la France insoumise. C'est du reste pourquoi leur programme, L'Avenir en commun, est un programme résolument tourné vers le social et l'écologie, avec à la clé une longue réforme économique.

Car c'est elle la clé de voûte. Sans une « révolution économique permanente », à long terme, rien ne sera durable ; le capitalisme se recomposera comme il l'a toujours fait sur les cendres des révolutions populaires (1789, 1830, 1848, 1871, 1936, 1946, 1968 et les Gilets jaunes). De quoi s'agit-il ?

De renverser, c'est-à-dire de mettre à l'endroit, l'organisation du travail, ce que le capitalisme avait inversé, d'où son caractère contre-nature. Notez que la fausse démocratie avait, elle aussi, inversé la souveraineté du peuple en un pouvoir toxique au profit d'une minorité politique et propriétaire du capital (cf. le podcast Les deux pouvoirs).

Ici, il faut convoquer les remarquables travaux de l'économiste Bernard Friot, lequel dénonce, à juste titre, cette inversion de notre rapport au travail et bâtit une nouvelle organisation en autogestion avec ses déjà-là communistes. Nouvelle ? Mais seulement pour nous depuis 5.000 ans (cf. le podcast La Chute néolithique), alors que depuis notre humanisation (plus de 100.000 ans), depuis que nous creusons des tombes pour nos amours, depuis notre rupture ontologique avec le règne animal, nous travaillions pour-soi-en-commun. C'est-à-dire en pleine harmonie avec la Nature et notre propre nature humaine partageuse et solidaire. Ces déjà-là communistes, explique Friot, avec Réseau Salariat, nous montrent un chemin vertueux qu'il est possible de généraliser à l'alimentation, au logement, à la culture, aux énergies ou à l'acier. Bref, tous les domaines de la vie économique. Précisons à titre d'exemple que le chiffre d'affaires de la santé, organisée dans une économie communiste, sans profit, représente quand même 10 % du PIB en France.

C'est du reste pourquoi les organismes financiers privés lorgnent sur cette manne, proche de 300 Md€/an et sur les retraites s'élevant à 370 Md€/an, soit 13 % du PIB, selon la DREES.

En synthèse, j'insiste avec Friot, on ne bâtira pas la vraie démocratie, celle que je défends, sans convertir le capitalisme, de l'intérieur, en ce que j'ai nommé le « Capitalisme coopératif » (cf. son podcast) ou encore le communisme de Friot. Selon moi, ils sont synonymes, du moins ils nous proposent le même cheminement vers une saine économie au profit de toute l'humanité, qui partage et prend soin des communs offerts de manière illimitée, gratuitement et non remboursable par la Nature depuis toujours (cf. le podcast L'Argent magique).

En conclusion, sur les pas de notre communiste qui recommande de voter pour la France insoumise (et non le PCF), nous, les Français en colère, devons bien réfléchir avant de voter en 2027. Pour le dire autrement, la colère mauvaise conseillère nous conduirait à la facilité de voter pour une rupture idéologique (la préférence nationale, l'interdiction du voile musulman…) mais surtout pas économique, du type Rassemblement national, ou même la Droite et les socialistes : ils sont résolument pour maintenir une économie capitaliste néolibérale. Tandis que la saine colère, celle qui nourrit un meilleur avenir économique pour nos enfants, nous invite à écouter avec attention le programme social et écologique de Mélenchon et ses Insoumis.

Si vous souhaitez aborder notre nature double, avec son versant spirituel, une autre approche de la politique et sa transcendance (un ascenseur spirituel), la nature des « deux pouvoirs » ou le concept d'une Écologie spirituelle, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne souffre plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Jean-Charles Conti, Draguignan, le 13 septembre 2026

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