
Dette ou pas dette ?
Nous, citoyens français, devons comprendre une chose simple s'agissant de notre dette : la dette souveraine d'un pays n'a rien de commun avec les dettes d'un ménage ou d'une entreprise. Le pays est éternel, pas nous. Un État souverain, du point de vue monétaire, fait ce qu'il veut de sa dette tant qu'il paye son service (ses intérêts).
Le problème de la dette n'est donc pas là. Où est-il ? Dans la masse d'intérêts face aux créanciers extérieurs à la France. Avec les agences de notation américaines, ils sont de facto souverains sur nous. Ils possèdent un pouvoir toxique sur l'État (cf. le podcast Les deux pouvoirs).
Avant 1972, la dette française était détenue par la Banque de France à un taux d'intérêt quasiment nul. Ce sont Pompidou et Giscard, au nom de faire entrer la France dans la modernité, qui ont décidé de financer la France sur les marchés capitalistes. Pourquoi ? Enrichir les capitalistes et, du coup, appauvrir les Français en leur payant des intérêts avec nos impôts. C'est simple à comprendre : les capitalistes volent le peuple en prenant dans sa poche pour le déverser dans leur poche. Ceci est un fait indiscutable !
La preuve : après un demi-siècle de ce régime ignoble et destructeur de notre économie et de notre écologie, la France se retrouve endettée à hauteur de 3.500 Md€ avec, en 2027, au moins 70 Md€ d'intérêts à payer. Voilà d'où provient la moitié de notre déficit annuel. Et voilà pourquoi M. Mélenchon cherche à sortir de ce cercle vicieux, mais sans vraiment s'en donner les moyens.
Il importe donc de bien comprendre qu'il s'agit de deux visions économiques : le capitalisme du supposé arc républicain et l'anticapitalisme des Insoumis. La Droite et son extrême ainsi que les socialistes et assimilés (communistes et écologistes) cherchent, avec des nuances inutiles, à rester dans le capitalisme tout en faisant semblant de le moduler, de le réformer. Tandis que la Gauche radicale appelle à combattre ce capitalisme dévastateur en termes sociaux et écologiques. D'où son programme, L'Avenir en commun, qu'elle qualifie de social et écologique.
Sauf que nous ne sortirons jamais du capitalisme par de l'anticapitalisme et, par voie de conséquence, de la dette, mais par le communisme de Bernard Friot. Je m'explique. On sortira du capitalisme en restituant la propriété d'usage des entreprises aux travailleuses et travailleurs. Autrement dit, en reprenant la propriété lucrative de la production des biens et des services des mains des capitalistes (la classe bourgeoise). Pas leur argent…, mais la propriété de production. Leur prendre quelques milliards, ce que signifie « moduler » ou « réformer » au sens de la fausse Gauche, ils s'en foutent. Ça ne change rien pour eux ! Le pouvoir sur l'argent ne découle que du pouvoir sur la production.
Cependant, il importe de bien comprendre une seconde condition : la création monétaire ex nihilo (à partir de rien) appartient au peuple, c'est-à-dire aux citoyens, et non, comme depuis 50 ans, aux capitalistes néolibéraux. Je vous renvoie à mon podcast et actualité L'Argent magique, ça existe et à l'excellent livre de l'économiste américaine Stephanie Kelton, Le mythe du déficit. Or qu'a fait la BCE (Banque centrale européenne) entre 2016 et 2022 ? Elle a créé 2.600 Md€ à taux zéro, notamment pour acheter des dettes d'État que les banques privées détenaient. Ainsi, avec cet argent gratuit, elles ont pu spéculer comme jamais sur les marchés. Autrement dit, cet argent public a été déversé dans l'économie privée, notamment, par retour, en le prêtant aux États, donc aux peuples. Du coup, inflation dès 2022 pour des raisons que j'explique dans le podcast Inflation, déflation. En clair, l'inflation a pour racine la spéculation qui a pour racine le capitalisme… Avec le communisme de Friot, il n'y aura jamais de spéculation, donc d'inflation ou de déflation.

Le mythe du déficit — Stephanie Kelton
Attention à ne pas confondre le secteur privé appartenant aux capitalistes (spéculatif, donc inflationniste) et le secteur productif collectiviste de Friot (non spéculatif, donc non inflationniste) où les unités de production appartiendraient aux citoyens-travailleurs-producteurs-consommateurs. Le communisme de Friot (issu de sa lecture de Marx) ne supprime pas la propriété, comme on le croit trop souvent, il la transfère des mains des capitalistes aux mains des citoyens (cf. Le communisme qui vient). Et c'est la seule manière de sortir du capitalisme et donc de la dette.

Le communisme qui vient — Bernard Friot et Bernard Vasseur
Oui, j'ose le dire, Bernard Friot est un économiste (sans doute le seul) et sociologue de génie. Et tant que la gauche radicale de M. Mélenchon n'appliquera pas sa structure économique (cf. Réseau Salariat), le capitalisme se recomposera comme il l'a toujours fait depuis trois siècles. Observez qu'après la grande Révolution française, et toutes les suivantes, les grandes catastrophes (les guerres de Napoléon, 1830, 1848, 1871, 1936, les deux guerres mondiales, mai 68 ou les Gilets jaunes), le capitalisme, alors qu'il est à bout de souffle, nous tient par la gorge parce qu'il détient les moyens de production.
De même, pour éviter l'inflation, laquelle profite uniquement à la propriété lucrative des capitalistes, c'est simple, il suffit de ne JAMAIS investir l'argent public dans le capitalisme privé. C'est-à-dire qu'il soit UNIQUEMENT employé à financer les unités de production collectives et les Biens communs des citoyens, comme les infrastructures, universités, écoles, crèches, services publics, hôpitaux, etc. Rien qui puisse spéculer !
Du coup, cet argent public (donc magique, appartenant au peuple) n'irait plus enrichir sans cesse les riches depuis 50 ans. Voilà pourquoi M. Attal et les autres néolibéraux (Extrême-droite, Centre mou et fausse Gauche) mentent sans vergogne ! Non seulement ils provoquent l'inflation en finançant le privé avec l'argent public (211 Md€ de déficit en 2023), mais, en plus, ils nous imposent l'austérité en son nom.
En synthèse, si Mélenchon peut dire, à juste titre, que les 18 % de la dette française, détenue par la Banque européenne au nom de la Banque de France, peuvent être purement et simplement annulés sans que personne ne perde rien, alors pourquoi pas 100 % ? Il suffirait que la France retrouve sa souveraineté monétaire (sortir de l'euro ou l'imposer à l'UE) pour qu'elle puisse, en un trait de plume électronique, rembourser toute sa dette (3.500 Md€), payer en totalité ses créanciers, libérer définitivement les Français et commencer à investir intelligemment, notamment pour la planification écologique. Du coup, évidemment, l'argent, en tant que tel, ne serait plus un objet de spéculation mais reviendrait à sa première véritable fonction : investir et échanger des biens et services !
Considérez un instant comme vraie cette hypothèse. Que pensent M. Attal et les autres quand ils crient au feu contre Mélenchon ? Que si le peuple comprenait un jour que la création monétaire ex nihilo (à partir de rien), illimitée, gratuite et non remboursable, était un fait incontestable, alors tout l'ensemble financier actuel s'écroulerait, puisqu'il est fondé depuis cinq mille ans sur la dette (cf. Dette, 5000 ans d'histoire de David Graeber).

Dette, 5000 ans d'histoire — David Graeber
Si vous souhaitez mieux approcher la nature de l'argent magique et ses sept critères spirituels, les leçons de Stephanie Kelton en la matière, ainsi que la nature d'un objet spirituel et sa pensée irrationnelle, laquelle n'est plus ici synonyme de déraisonnable, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qui fait défaut à nos dirigeants, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde économique sain, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 26 septembre 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org