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L’argent magique existe depuis toujours
Économie Jean-Charles Conti

L’argent magique existe depuis toujours

Vous êtes un seigneur, vous avez hérité d'un château, de divers domaines avec des fermes et des familles de fermier et autres métiers. Une petite armée fait régner l'ordre et la justice pour votre compte, vos sujets vous connaissent, vous respectent et vous leur inspirez à la fois confiance et crainte. Tous les ingrédients sont présents pour créer votre propre monnaie. En Occident, ce fut le célèbre « riche comme Crésus » qui battra monnaie à son effigie en 600 avant notre ère.

Souverain, pouvoir et confiance sont les trois critères pour créer une monnaie ex nihilo (à partir de rien). Au XVIIème siècle, les banques de Suède et d'Angleterre furent créées. Puis Napoléon créa la Banque de France en 1800 et la Banque Centrale Européenne (BCE) en 1998. La suite de l'histoire, vous la connaissez.

La monnaie est donc une création ex nihilo par les banques centrales. L'« argent magique » est aussi une création ex nihilo, à laquelle j'ajoute illimitée, gratuite et non remboursable. La question est de savoir si l'argent des États, notre argent public, répond à cette définition ?

Auparavant, je dois répondre à la question : existe-t-il depuis toujours ? Réponse : OUI. C'est simple, la monnaie ne fait que matérialiser ou plutôt monétiser les richesses et les ressources de la planète offertes depuis toujours à l'humanité de manière illimitée, gratuite et jamais remboursée.

Livre : Dette, 5000 ans d'histoire de David Graeber

Dette, 5000 ans d'histoire — David Graeber

Pourquoi croyons-nous que l'argent magique n'existe pas ? Pas parce que nos politiques le clament sans cesse (sauf pour financer les guerres, les crises bancaires et le Covid-19…), mais parce que tout simplement notre propre argent, dit monnaie fiduciaire (confiance), lui, n'est pas magique. Il y a une différence de nature entre l'argent public et l'argent privé. L'argent public, manipulé par les États et les pouvoirs financiers des Banques centrales et des banques privées, n'a strictement rien à voir avec le nôtre, celui dans nos poches. Pourtant ce sont les mêmes billets et ils portent le même nom, d'où leur confusion dans nos têtes. Ce qui les différencie réside dans les lois qui les codifient. Les nôtres sont strictes (on doit rembourser), tandis que les leurs, ils en changent comme ça les arrange, notamment selon la conjoncture économique. Souvenez-vous comment Nicolas Sarkozy a renfloué les banques françaises après la crise mondiale des Subprimes en 2007/08. Renfloué comment ? Par de la création ex nihilo qui est allée gonfler notre dette nationale.

Ainsi :

1/ Tous les ans, l'argent magique monétise la dette des peuples qui augmente sans cesse depuis 1972 (côté illimité).

2/ Tous les ans, l'argent magique est créé ex nihilo à taux zéro ou presque mais prêté à 3% ou plus (côté gratuité). Entre 2016 et 2022, la BCE a créé 2600 Mrd€ à taux zéro qu'elle a déversés dans l'économie privée.

3/ Tous les ans, l'argent magique ne sera jamais remboursé (la dette roule : le Trésor emprunte à nouveau, côté non-remboursable) et nos gouvernants nous « roulent dans la farine » avec l'austérité. Jamais depuis 1972, date à laquelle la France a commencé à se financer sur les marchés, les Français n'ont remboursé même une toute partie de la dette souveraine. Ni même sous de Gaulle, alors que l'argent de la Banque de France était encore gratuit.

Résultat : la théorie de l'austérité pour les peuples et l'argent magique dévoyé, dérouté au profit des élites ; aujourd'hui mondialement organisés.

Précisons que je me suis fondé sur les travaux de l'économiste américaine, Stéphanie Kelton : Le mythe du déficit, la théorie moderne de la monnaie et la naissance de l'économie du peuple, aux Éditions Les Liens qui Libèrent, paru en 2022. Gaël Giraud, économiste, propose de son côté que l'argent soit l'un des biens communs, avec la terre, le travail, l'eau, les énergies. Souvent il explique, je résume, que partie des dettes souveraines pourraient être rachetées par la BCE et les laisser inscrites au passif de son bilan éternellement. « Ça ne coûterait rien à personne, ajoute-t-il ».

Livre : Le mythe du déficit de Stéphanie Kelton

Le mythe du déficit — Stéphanie Kelton

Quelle est sa nature ? Nous sommes face à un objet spirituel qui répond aux trois critères irrationnels (cf. le podcast Objet spirituel I et II). Il est donc spirituel à condition qu'il ne soit pas détourné dans l'économie privée par les pouvoirs financier et politique :

1/ Étant illimité, il serait « décrété » par la seule volonté du peuple pour le Bien commun du peuple. Ce que font les Banques centrales dans un premier temps, mais, dans un second, uniquement pour financer l'économie privée. Là est l'erreur volontaire, c'est ici que l'argent magique perd son caractère magique.

2/ Il serait également contradictoire dans la mesure où à la fois il existe sans exister. Il existe lors de sa création ex nihilo mais disparaît dès qu'il se métamorphose en Biens communs dans l'économie privée. C'est-à-dire quand il passe du monde spirituel au monde matériel. Par exemple, un hôpital serait bâti avec cet argent magique, puis c'est l'argent fiduciaire qui circulerait pour son fonctionnement.

3/ Enfin, il est immatériel, invisible, abstrait mais devient présent lorsque la souveraineté du peuple l'emploie à bon escient : IL EST DONC MAGIQUE !

Pour conclure, nous pourrions sérieusement envisager la suppression de la pauvreté et concrétiser l'idée de « salaire à vie », chère au sociologue et économiste, Bernard Friot. J'ai conscience que cette hypothèse semble totalement irréelle. Ça fait cinq mille ans que l'humanité est conditionnée par le concept de propriété privée illimitée et celui de dette tout aussi illimitée. Même la croissance est pensée en terme illimité de manière absurde. Or seul l'argent magique est illimité, gratuit et non-remboursable mais à la condition qu'il soit utilisé pour le Bien commun (services publics, recherches scientifiques, médecine, l'art, la culture, etc.). Alors il n'y aurait ni inflation ni service de la dette ni système de Ponzi, comme c'est le cas. Il suffirait de vérifier, comme l'indique Kelton, d'être en possession des matières premières et des ressources nécessaires au projet ; ce que l'argent magique pourrait facilement financer. En clair, avec l'argent magique, nous pourrions financer de nouvelles sources d'énergie propre, planifier l'écologie et surtout supprimer la pauvreté.

Si vous souhaitez mieux approcher la nature de l'argent magique et ses sept critères spirituels, les leçons de Stéphanie Kelton en la matière, ainsi que la nature d'un objet spirituel et sa pensée irrationnelle, laquelle n'est plus ici synonyme de déraisonnable, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qui fait défaut à nos dirigeants, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde économique sain, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Jean-Charles Conti, Draguignan, le 15 juillet 2026

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