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Valeurs universelles transcendantes
Philosophie Politique Jean-Charles Conti

Valeurs universelles transcendantes

Souvent les discours politiques, au détour ou faute d'argument, invoquent vaguement « NOS valeurs », et citent surtout la laïcité comme la valeur des valeurs. En même temps, à la sauce Macron, les mêmes discours prétendent que la politique n'a rien à voir avec la morale. Ce qui déjà soulève une contradiction ! Car si les valeurs de la République sont en effet liberté, égalité, fraternité, nous sommes alors au cœur de la morale politique.

Il est donc temps de remettre l'église au milieu du village ! Déjà la laïcité n'est pas une valeur en soi, elle est un mode de gouvernement occidental. Tandis qu'une valeur est de nature spirituelle, donc morale, universelle et transcendante. La première, le Bien, contenant toutes les autres (une cinquantaine), n'est autre que l'incarnation de l'Amour universel sur terre. Ainsi :

1/ Nous naissons tous, sans exception, avec le Bien en nous (même le bébé Hitler) et son cortège de valeurs universelles gravées en lettres d'or sur nos cœurs biologiques.

2/ Nous naissons tous, sans exception, potentiellement avec le mal en nous (surtout Hitler). Mais il n'est pas gravé sur nos cœurs mais il peut les avarier. Il est le résultat de notre libre-arbitre et il commence seulement à s'exprimer à partir de l'âge de deux ans avec l'émergence de notre conscience réflexive (égoïsme, égocentrisme, racisme…).

3/ Nous naissons tous, sans exception, avec la faculté de nous transcender. C'est-à-dire de nous hisser de notre nature humaine à une surnature quasi héroïque : de l'égoïsme à l'altruisme, du profane au sacré, de l'intérêt personnel à l'intérêt général. Tels une mère, un lanceur d'alerte, un pompier, un instituteur, un handicapé, le corps médical durant le Covid-19… Nous transcender, c'est, grâce à notre libre-arbitre, éveiller en acte l'ensemble des « valeurs universelles » dans nos vies quotidiennes. La transcendance religieuse n'existerait pas sans cette sublime faculté propre à l'humain.

J'en ai répertorié une cinquantaine environ, comme la bonté, la bienveillance, la solidarité, le partage, l'égalité, la liberté, la fraternité, l'honnêteté, la loyauté, l'honneur, le courage, la tempérance, l'humilité, le respect, la confiance, la sincérité, la gratuité, la justice, la vérité, la foi, l'espérance, la compassion, la charité, l'amour, la foi (en soi et en l'amour), l'hospitalité et, bien sûr, toutes les formes infinies d'altruisme… Donc de l'Amour universel.

Elles sont « universelles » car, issues du versant spirituel de la Nature elle-même, elles sont partagées par toute l'humanité. Elles imprègnent toutes les civilisations depuis au moins cent mille ans. Car, encore une fois, elles sont gravées dans le cœur biologique de chaque nouveau-né, et ceci depuis que nous creusons des tombes pour nos amours (100.000 ans). Par exemple, la loi du sang nous impose d'accueillir l'étranger afin d'éviter toute consanguinité. Elle fonde notamment le tabou social de l'inceste. Notre sang nous invite donc par nature à l'hospitalité, la fraternité et l'altruisme envers chaque être humain, quelle que soit sa couleur de peau ou son origine. Notre sang et notre génome sont antiracistes (cf. nombre d'études récentes sur l'ADN ancien). C'est notre volonté de dominer autrui, dramatique pour la Vie sur Terre, qui impose, en nous et en dehors de nous, toutes les formes de discriminations raciales et autres.

Dans le monde des valeurs, seules les valeurs issues de l'amour sont « universelles ». La laïcité ou le féminisme, par exemple, ne sont pas des valeurs universelles. Ce sont des « revendications » qui tendent, à juste titre, à faire appliquer ces valeurs correspondantes. Pourquoi cette notion de « valeur universelle » est-elle si importante ? Parce qu'elle représente ce que nous avons de plus précieux en commun et parce que c'est sur ce socle sacré que nous pourrons espérer bâtir un « monde d'après » pour tous les peuples.

Autrement dit, tous les peuples, sans exception, possèdent et expriment, sous une forme ou une autre, selon leurs us et coutumes, les mêmes valeurs universelles. Souvent, nous entendons nos dirigeants politiques faire valoir « nos valeurs de Droite ou de Gauche », chacun supposant les siennes meilleures. Ou encore nos valeurs dites occidentales, supposant là encore une quelconque supériorité à celles du reste du monde. Notre orgueil occidental (un vice), lui, n'a pas de limite.

En d'autres termes, la diplomatie géopolitique consiste d'abord à respecter chaque pays et ses représentants. Non qu'ils soient des « enfants de cœur » mais des êtres humains tout autant dignes que nous-mêmes. Alors, un diplomate peut espérer établir un deal gagnant/gagnant. Là encore, chercher à dominer autrui n'est qu'un pouvoir toxique (cf. le podcast Les deux pouvoirs).

Somme toute, nous voyons bien que nous ne pouvons plus nous appuyer sur des concepts rationnels tels que le mérite, la réussite sociale ou financière, la compétition, la domination, la puissance d'un pays sur un autre, etc. Nous devrons apprendre à exercer une « politique spirituelle » conformément à notre nature double. Il nous faudra alors utiliser notre pensée rationnelle pour penser des objets irrationnels, telles que les « valeurs universelles » (cf. les podcasts Objet spirituel I & II).

Telle est la politique internationale de M. Mélenchon et ses Insoumis : parler aux Chinois, aux Russes, aux Indiens, aux peuples souverains d'Afrique et tous les autres. Bref, ils ne méprisent ni ostracisent personne sur la scène internationale mais, en revanche, refusent toute politique étrangère de soumission. Je la qualifie de « diplomatie spirituelle » parce qu'elle respecte les « valeurs universelles » et M. Mélenchon la nomme « Une diplomatie altermondialiste pour la paix ». C'est-à-dire respecter le droit international contre les guerres, l'étendre à la protection des Biens communs planétaires, renforcer les Outre-mer, fer de lance d'une diplomatie écologique altermondialiste, appliquer une politique migratoire humaniste et réaliste, ou encore unir le petit bassin méditerranéen, etc.

Je ne prétends pas, et sans doute Mélenchon non plus, que tout le programme sera concrètement et possiblement appliqué, surtout en 5 ans. En revanche, j'affirme que le programme L'Avenir en commun, d'une densité remarquable, a été conçu et écrit à partir d'une philosophie humaniste (tous les êtres humains sont égaux en droit et en dignité) et que je qualifie de spirituelle (respectant les valeurs universelles que j'ai nommées Morale vitale permanente). Permanente pour la différencier des morales sociales et religieuses éphémères. En clair, si nous appliquons les « valeurs universelles » à nos vies quotidiennes, sociales et politiques, alors nous devenons de vrais démocrates. En ce sens, L'Avenir en commun est un authentique programme démocratique (cf. le podcast Les deux démocraties).

Si vous souhaitez approcher notre nature double, celle des valeurs universelles comme la justice sociale, l'hospitalité à l'égard des émigrés, le partage à l'égard des pauvres, c'est-à-dire la Morale vitale permanente, mais aussi pourquoi la politique est d'abord morale, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Jean-Charles Conti, Draguignan, le 25 juillet 2026

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