
Un choix de société inédit en 2027 ?
Faisons un pas de côté et observons l'enjeu des élections 2027. Depuis 1969, départ du Général et du néolibéralisme, jamais les Français n'ont fait un réel choix de société. La Droite comme la Gauche ont, au final, toujours pratiqué la même politique, surtout en économie. Son nom ? Le néolibéralisme. Mais que représente-t-il ?
Écoutons l'économiste de renom international Gaël Giraud, pour qui j'ai une profonde admiration. Commençons par le libéralisme qui se caractérise par trois piliers, explique Giraud.
1/ Le trône du roi étant vide (on lui a coupé la tête), il ouvre un indéterminisme politique qui va donner naissance à l'idée de démocratie. C'est-à-dire, n'étant plus soumis à la tradition d'un roi désigné par Dieu, la religion ou la superstition, le peuple va pouvoir prendre son destin en mains (cf. le podcast La loi sacrée du destin).
2/ Le libéralisme consacre l'état de droit, c'est-à-dire la même justice pour tous, que l'on soit puissant ou misérable.
3/ Il consacre également la propriété privée comme étant sacrée et absolue.
Quant au néolibéralisme, pour les raisons qui vont suivre, Gaël Giraud le renomme « post-libéralisme » parce que, dit-il, « il a largué les amarres du port libéralisme ».
1/ Le néolibéralisme, en lieu et place de la vacuité du trône, y a installé un nouveau règne : celui du marché. Jadis autorégulé par la supposée loi économique, il l'est désormais par l'État au détriment de sa fonction sociale et providentielle (chômage, retraite, santé...).
2/ L'état de droit, théorisé par Montesquieu, ne concerne plus que les misérables. Les puissants, quant à eux, fabriquent des lois spécifiques d'optimisation et d'évasion fiscales sous diverses formules. Autre exemple, Marine Lepen, malgré sa double condamnation, pourra quand même se présenter à la plus haute fonction de l'État. Une grande première !
3/ Enfin, s'agissant de la propriété privée, jadis réservée et limitée aux biens matériels, elle va s'extrémiser à tous les domaines de la vie humaine. La propriété, sacrée et absolue au niveau qualitatif, devient illimitée sur le plan quantitatif. Comme par exemple le ventre d'une « mère porteuse » qui va le marchandiser au profit d'un couple riche (GPA). Ou encore, ce que l'on nomme aujourd'hui : les communs. Comme l'air, l'eau, la terre, les énergies ; bref, les besoins strictement nécessaires à la vie humaine. En d'autres termes, les communs, le travail, la santé, l'éducation, les services publics… sont transformés comptablement en capital. Laquelle transformation va permettre d'évaluer une rentabilité, même pour les besoins strictement nécessaires à la vie humaine. Ainsi, depuis une cinquantaine d'années, on a pu constater l'explosion de bulles informatique et immobilière, comme actuellement l'IA. Ou encore l'apparition d'énormes monopoles économiques, comme M. Bernard Arnault qui est désormais, entre autres, propriétaire de grands magasins parisiens de luxe, jadis réservés au peuple de Paris (la Samaritaine, Au Bon Marché…).
Plus encore, c'est ainsi que le néolibéralisme a conçu l'idée de « capital humain ». L'idée n'est pas nouvelle avec l'esclavage. Cependant, après sa disparition officielle, il a resurgi sous une nouvelle forme. Il s'est recomposé au point de dénombrer aujourd'hui un demi-milliard d'individus vivant en esclavage moderne, notamment le travail sous-payé et la prostitution des femmes et des enfants… Sans oublier le business de la pédocriminalité.
En première conclusion, cette approche du « post-libéralisme » a le mérite de dénoncer clairement sa malveillance illimitée. En face, Giraud restitue les premiers efforts du libéralisme au travers des Lumières : consacrer la liberté. Cependant, pas pour tous. Précisons que les Lumières comportaient aussi leurs propres ténèbres. Par exemple, ils n'étaient pas démocrates mais aristocrates : l'égalité s'arrêtait au peuple. De même, l'état de droit oubliait le statut des esclaves qui ont permis le début du capitalisme sauvage. Même Adam Smith les avait omis dans son traité d'économie, La richesse des nations. De même encore, l'idée de contre-pouvoirs laisse à désirer quand on observe l'actuel Conseil Constitutionnel ou la justice aux ordres (retraites, lois liberticides, Marine Lepen…). Enfin, la propriété, sacrée et absolue, engendra aussi le drame de la dette quand elle explose. David Graeber l'a magnifiquement montré dans Dette, 5000 ans d'histoire. N'est-elle pas encore le prétexte à l'austérité pour les peuples et l'enrichissement illimité pour les puissants ?
Ainsi, toutes les Droites et les Gauches ont pratiqué les mêmes horreurs issues du capitalisme néolibéral. La question en 2027 est donc la suivante : quel type de société l'ensemble des partis politiques proposent-ils ? Hélas, le post-libéralisme. Exceptée la Gauche radicale des Insoumis. Cependant quel nom lui donner ? Ce n'est pas du communisme puisqu'il ne s'agit pas d'une économie collectiviste. Pas davantage le socialisme, dit réformateur depuis le Mitterrand de 1983, puisqu'il était néolibéral et l'est encore. J-L Mélenchon parle de révolution citoyenne dans le sens d'une révolution par les urnes mais qui s'attaque de front au capitalisme extractiviste et antiécologique. Il n'est pas non plus vraiment libéral, au sens des Lumières, puisqu'il concerne cette fois-ci, d'abord et avant tout, le peuple d'aujourd'hui (la Nouvelle France). Il est évidemment en partie démocratique mais pas une réelle démocratie directe pour laquelle je milite.
En revanche, il y a du capitalisme que j'ai nommé « Capitalisme coopératif ». Il y a du libéralisme au sens d'aujourd'hui (démocratie participative, état de droit et égalité entre tous les êtres humains et toutes les Nations). Il y a du communisme au sens de protéger les communs. Ses maîtres-mots sont écologie et social. Son projet politique s'appelle L'Avenir en commun. Mais comment se nomme son projet de société ? La Nouvelle France est d'abord une vision humaniste, non un projet aux contours clairement définis. Ou encore une social-démocratie ? Laquelle est revendiquée par le Centre mou et la fausse Gauche. Peut-être n'existe-t-il pas, dans le passé, un tel mode de société mixte ou hybride ? Tout est donc à repenser, définir à nouveau et renommer. On ne fait pas du nouveau avec de l'ancien !
Ma proposition : une société spirituelle fondée sur notre double nature avec ses deux versants matériel et spirituel, prônant résolument les « valeurs universelles », défendant âprement une laïcité humaniste et une Économie spirituelle dotée d'un Capitalisme coopératif, tels que je les ai définis. C'est du reste pourquoi, à son insu matérialiste et athée (pro-marxiste), je milite pour son projet politique, lequel, selon moi, respire notre dimension spirituelle (non-religieuse). Quoi qu'il en soit, l'enjeu des élections de 2027, présidentielle et sans oublier législative, s'avère d'une importance comme jamais : le choix entre une société mortelle pour l'humanité et la Nature ou une société vitale défendant le vivant et la planète ; bref, une société écolo-sociale humaniste et démocratique. C'est-à-dire entre une société uniquement matérialiste, conservatrice et exclusivement consommatrice (que représente le RN) ou, à l'inverse, une société qui appliquerait une politique spirituelle au profit de toutes et tous (qu'incarne LFI, selon moi à son insu). Tel est notre choix en avril 2027 !
Si vous souhaitez aborder notre nature double, avec son versant spirituel, une autre approche de la politique et sa transcendance (un ascenseur spirituel), la différence de nature entre conscience et raison et celle des « deux pouvoirs », le bon et le mauvais, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 17 août 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org