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Pourquoi un peuple glisse à droite ?
Politique Française Jean-Charles Conti

Pourquoi un peuple glisse à droite ?

Pourquoi et quand un peuple glisse-t-il systématiquement à Droite alors que c'est la Gauche qui est supposée le défendre ? Mon théorème de l'égoïsme en politique dit ceci : « Plus une société s'enfonce dans l'égoïsme, moins les fruits du travail sont partagés, plus le peuple s'appauvrit et les riches s'enrichissent. » Conséquence : plus le peuple prend peur de manquer pour survivre, de pénurie d'argent, plus il glisse, il dérape sur la pente de la Droite et l'Extrême-droite. Pourquoi ? Parce que la Droite symbolise depuis la Révolution française le pouvoir de l'argent (la noblesse, les nantis). Elle est aussi supposée maîtriser des rouages économiques puisque c'est elle qui détient le capital. Tandis que la Gauche évoque une politique de redistribution qui coûte trop chère et, de surcroît, supposée incompétente en économie pour la même raison.

L'Extrême-droite représente donc l'extrême-rempart face à l'insécurité et la pauvreté. Il est vrai que l'Extrême-droite finit toujours par s'allier au pouvoir de l'argent. Adolf Hitler l'a fait, Jordan Bardella le fait. Ainsi l'Extrême-droite (avec ses alliés capitalistes) sur fond de discours autoritaire semble le garant de la stabilité économique. Tandis que la Gauche l'instabilité : le dénuement, la pauvreté et l'insécurité sont à Gauche alors que l'argent et la sécurité sont à Droite. D'où son discours sécuritaire et immigrationniste (les immigrés coûtent chers et nous volent nos emplois !).

Il importe également de rappeler que le racisme, comme toutes les discriminations, est l'expression d'un complexe de supériorité/infériorité cherchant nécessairement à inférioriser l'autre, le faible, la femme et l'étranger en vue de les soumettre. Ce fut le cas du sexisme depuis cinq mille ans. Toujours depuis cinq mille ans, ce fut aussi le cas des riches envers les pauvres, les esclaves, comme les colons ou les dignitaires religieux envers les peuples, etc. En un mot, le racisme est un outil de soumission en vue de s'enrichir ! Tel est le préjugé sociopolitique d'un peuple, depuis deux siècles, quand il a peur… Durant l'ancien régime, et même avant, il se réfugiait sous l'autorité du seigneur. Ou alors il se révoltait (1789, 1830, 1848, 1871, 1917, 1968 et 2018 les Gilets jaunes). Or, par nature, nous sommes tous des immigrés et antiracistes depuis toujours. La vertu d'hospitalité s'avère présente chez tous les « peuples premiers ».

Faisons un constat historique. En Europe, entre les deux guerres, les démocraties représentatives basculent en tyrannies (Mussolini, Hitler, Franco, Pétain). Après la seconde guerre mondiale, les pays d'Amérique latine, certains pays d'Asie et d'Afrique basculent à leur tour, pour les mêmes raisons (cf. La mort des démocraties de Daniel Ziblatt et Steven Levitsky). Après quatre années de souffrance et d'horreur nazies, durant les Trente-Glorieuses, les richesses étaient mieux partagées, l'altruisme dominait (la souffrance est partageuse). Mais à partir des années 1970/80, l'économie néolibérale prend le dessus, confisque les richesses et endette les peuples. Du coup, l'Extrême-droite se réinvite. L'Europe des années 2010/20 bascule, toujours pour les mêmes raisons.

Livre : La mort des démocraties de Daniel Ziblatt et Steven Levitsky

A cette cause principale, il faut ajouter l'abandon des ouvriers et des employés par la Gauche de gouvernement, dite raisonnable, depuis le virage néolibéral de Mitterrand en 1983. Le même François Mitterrand, pour affaiblir la Droite, a organisé auprès des médias la mise en lumière de Jean-Marie Lepen et du Front National. De calcul électoral en calcul cynique, en 2002, Jean-Marie Lepen est au second tour des présidentielles. En 2011, sa fille prend la direction du parti et le renomme. En 2027, le Rassemblement national est au porte du pouvoir !

Entre-temps, l'économie néolibérale creuse les inégalités, appauvrit la classe moyenne (50%) et le patronat comprend que pour maintenir l'austérité, là encore afin de s'enrichir, l'ADN autoritaire et raciste de l'Extrême-droite lui est utile. L'autorité violente pour contenir les manifestants et le racisme pour soumettre et diviser électoralement les français. Les médias officiels, aux mains des milliardaires, s'engouffrent dans cette dynamique morbide et cynique. Et ça marche ! Les Gauches, elles aussi divisées, ont beau dénoncer cet artifice politique lancé par Mitterrand, elles ne sont plus vraiment audibles et le bloc de Droite et d'extrême s'avère aujourd'hui majoritaire.

En conséquence, rien n'y fera ! Plus les intellectuels de Gauche dénoncent avec courage et intelligence les dangers de l'extrême-droite, plus ils la renforcent. Plus on combat le mal de front plus il s'en nourrit… Tous les combats intellectuels sont battus en brèche face au réel : le Théorème de l'égoïsme s'actualise, l'extrême-droite se réinstalle. Or c'est bien connu, on ne combat le mal que par le Bien ! La logique est simple : la raison humaine est ainsi faite qu'elle est tout aussi capable de donner raison tant à l'Extrême-droite qu'à la Gauche radicale. Aux yeux du citoyen, chacune a ses bonnes raisons, et ce qui le fait pencher à droite réside dans l'absence d'un système économique alternatif concret et fiable. Or changer de politique économique signifie changer tout notre système de pensée.

Bref, on ne combattra pas l'Extrême-droite sans innover un système économique fondé sur les « valeurs universelles », comme le partage et la solidarité ; politiquement, en rendant le pouvoir au peuple par diverses consultations concrètes ; voire en instaurant une démocratie directe, au minimum à l'instar de la Suisse. Même si la vie est plus confortable matériellement, ce confort coûte de plus en plus cher et la pauvreté, y compris dans les pays riches, ne cesse d'augmenter. L'Observatoire des inégalités en France affirme : « La part de la population pauvre a augmenté depuis le milieu des années 2000. » Et pour cause, l'ultralibéralisme était au mieux de sa forme économique.

En conclusion, le capitalisme, sous sa forme actuelle depuis trois siècles, se nourrit du racisme. Il a même débuté par le commerce triangulaire des noirs. Le racisme est donc consubstantiel à ce capitalisme fondé uniquement sur la spéculation. C'est pourquoi je propose un « Capitalisme coopératif » supprimant toutes les formes de spéculations, appelées pudiquement investissements. En dernière conclusion, il importe de bien comprendre que le racisme, le capitalisme et son régime politique actuel, électif ou représentatif, sont contrenatures. Je vous renvoie au podcast sur mon site : Les deux démocraties.

Alors comment vaincre l'Extrême-droite sans la combattre ? En enseignant le Bien et ses « valeurs universelles » tout en ignorant les discours idéologiques contrenatures. En construisant une utopie réaliste politique et économique qui redonnerait l'ESPOIR. Imaginez les médias résistants enseignant par exemple « deux mille ans de mensonges politiques, la véritable nature du pouvoir et de la politique, la vraie démocratie qui permettrait une croissance spirituelle dans une décroissance matérielle, un capitalisme coopératif, excluant toute spéculation, où l'argent magique appartiendrait au peuple… » Oui, Mesdames, Messieurs, l'argent magique ça existe (cf. le podcast L'argent magique, ça existe depuis toujours). Bref, imaginez un mode de vie radicalement autre permettant, entre autres, de sauver la planète. En face nous avons quoi ? Les grandes écoles. Lesquelles enseignent quoi ? Comment soumettre les peuples ! En synthèse, enseigner est une noble vertu politique. Mais reste à s'entendre sur son contenu ? Encore une fois, c'est tout l'enjeu de ce travail.

J'insiste : l'éventuel match entre Mélenchon et Bardella se résume entre une société autoritaire qui protégera les spéculateurs et, à l'inverse, une société respectant les valeurs universelles gravées dans nos cœurs depuis notre naissance.

Pour mieux comprendre le fonctionnement de l'Extrême-droite, du théorème de l'égoïsme et la nature de la vraie démocratie, visitez www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Jean-Charles Conti, Draguignan, le 06 juin 2026

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