
Pourquoi la rue s'enflamme ?
Les lycéens, les étudiants, les profs, les fonctionnaires ou les pompiers, bref les laissés-pour-compte de gouvernements successifs, enflamment la rue depuis le 28 septembre en métropole, mais aussi depuis le 30 août dans les départements d'outre-mer. Leurs revendications se résument en une seule : des moyens financiers. En réponse, l'État les réprime avec violence et blesse nos enfants. Pourquoi ? Parce que, dit-il, l'État n'a plus d'argent, nous sommes au bord de la faillite !
Sauf que la très grande majorité des Français connaît ces éléments de langage depuis une cinquantaine d'années, sait que la France est un pays riche, qu'elle produit de vraies richesses, mais qu'elles sont détournées au profit des « propriétaires-dominants », notamment en dividendes (exonérations de cotisations et d'impôts).
Que proposent les candidats à l'élection présidentielle de 2027 ? Les Droites veulent augmenter lesdites exonérations (politique de l'offre) et les Gauches taxer les riches pour redistribuer (politique de la demande). Le tout dans de subtiles nuances inutiles et inefficaces. Côté pognon, rien ne changera en 2027. Pourquoi ?
Parce que le vrai problème n'est pas là. Il est dans l'ADN du capitalisme néolibéral depuis au moins un demi-siècle. C'est-à-dire dans la propriété lucrative de toute la production des biens et services. Lesquels sont produits en réalité par le peuple lui-même et personne d'autre.
Faisons un petit calcul simple. Selon l'INSEE, le salaire médian brut est de 2.800 €/mois. Pour 50 millions d'adultes, la calculette répond 1.680 Md€/an pour un PIB de 3.000 Md€ en 2025, toujours selon l'INSEE. Autrement dit, tous nos salaires bruts, privés, fonctionnaires, hospitaliers, profs, chômeurs, arrêts de maladie… Bref, tout le social de toute la population majeure ne coûte que 56 % de la richesse nationale par an. Il est clair que nous produisons au moins ce que nous coûtons.
Qu'ils cessent donc de nous seriner avec « le social nous coûte un pognon de dingue ! » (Macron) ou encore que « ce sont les Français qui creusent les déficits et sont responsables de la dette » (Bayrou)… s'élevant quand même à ce jour à 3.600 Md€.
Et les 44 % restants ? 1.320 Md€, desquels il convient de soustraire le déséquilibre commercial, soit 70 Md€/an. Mais à cause de qui ? Qui a désindustrialisé la France ? Où sont parties nos industries ?
Voilà le fond du problème des lycéens dans la rue. Tous nos services publics sont à l'os, les finances du pays aussi, et la pauvreté, dans un pays si riche, ne cesse d'augmenter. Étrange ! Non ?
Réponse de Bernard Friot : « La propriété d'usage (non lucrative) des entreprises doit appartenir aux travailleuses et travailleurs et à personne d'autre. » Ça s'appelle tout simplement le communisme, dans lequel la création monétaire ex nihilo (à partir de rien) revient aussi aux citoyens et, là encore, à personne d'autre (cf. l'actualité L'argent appartient au peuple).

Le communisme qui vient — Bernard Friot et Bernard Vasseur
À ceci, il faut ajouter la crise écologique monumentale. La planète ne nous supporte plus et elle nous l'a vivement rappelé cet été. Nous devons décroître en biens consommables de manière drastique dans tous les domaines économiques. Qui va le décider ? Nous, le peuple. Encore une fois, personne d'autre !
En synthèse, nous devons instaurer une démocratie au travail et donc, par suite, une démocratie directe avec à sa tête un État communiste. C'est-à-dire un État qui aurait pour principale fonction de garantir la citoyenneté politique et économique de chaque résident en France, de 18 ans jusqu'à sa mort, avec un salaire à vie médian brut de 2.800 €/mois, s'échelonnant de 2.000 à 6.000 €/mois net. C'est précisément ce que nous coûtons actuellement. Le reste, environ un tiers du PIB, s'évapore on ne sait où, mais certainement pas dans nos lycées, nos hôpitaux et nos services publics…
La citoyenneté politique ne réside pas seulement dans le suffrage universel, mais aussi et surtout dans la propriété patrimoniale des entreprises. Tandis que la citoyenneté économique confère au peuple la création monétaire, la propriété d'usage des entreprises et le salaire à vie.
Utopie ? Pas du tout, répond Bernard Friot : « Il existe des déjà-là communistes depuis 1946 pour le régime général de la Sécurité sociale ou les CHU, produisant la meilleure médecine reconnue mondialement depuis 1960, qu'il conviendrait de protéger et de généraliser. » En effet, depuis les années 1970/80, le capitalisme néolibéral sévit et privatise dans tous les domaines de production. Cinquante ans plus tard, la France est à la ramasse en éducation et en soins, alors qu'elle a su, pendant les Trente Glorieuses, bâtir des hôpitaux performants et former les meilleurs ingénieurs, professeurs et médecins.
Au risque de me répéter : peuple de France, il serait temps que tu te réveilles : l'État, qui ne nous a jamais représentés, mutile et traumatise en ce moment tes enfants. Quand vas-tu te décider à retrouver ton pouvoir politique, tes droits naturels, ta monnaie et surtout ton pouvoir sur la production ? Quand vas-tu comprendre que la planète ne nous souffre plus ? Or, pour nous sauver de nous-mêmes, sauver nos enfants et petits-enfants, nous devons reprendre en main notre pouvoir souverain, donc notre destin en commun. Ça s'appelle le communisme (celui de Bernard Friot), le symétrique inverse du capitalisme. Lisez et écoutez Friot si vous voulez sortir de ce capitalisme mortifère, prendre conscience qu'il existe des déjà-là communistes depuis 1946 et sauver l'habitabilité de notre planète.
Si vous souhaitez mieux approcher le drame de la propriété lucrative, son origine et son corollaire la dette, les critères et la nature de la Démocratie directe, spirituelle-laïque, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qui fait défaut à nos dirigeants, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde économique sain, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Dette, 5000 ans d'histoire — David Graeber
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 9 octobre 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org