
Philosophie des Insoumis ?
La première approche d'une philosophie réside dans la recherche de la vérité. La vérité sur l'univers, Dieu, le monde, l'homme, le vivant, la Nature… La seconde étudie la morale et la justice : comment définir le bien, le mal et les règles pour vivre ensemble.
La mienne, que je nomme volontiers « philosophie vitale », découle de ces deux branches. La première aboutit à l'étude de notre versant spirituel (non-religieux) avec sa conscience, sa volonté et son libre-arbitre, ainsi qu'une faculté remarquable et propre à l'être humain : sa transcendance innée.
La seconde branche nous mène directement à une « politique spirituelle » qui milite pour une véritable démocratie, c'est-à-dire qui incarne l'ensemble des « valeurs universelles » que je rassemble sous le concept de « Morale vitale permanente ».
Pourquoi je parle de philosophie à un public qui a peu d'intérêt pour la chose ? Et pour cause, les philosophes ont trop souvent écrit des « usines à gaz » avec un langage difficilement accessible. Pourquoi disais-je ? Pour montrer que la pensée des Insoumis et leur programme possèdent une colonne vertébrale philosophique, tandis qu'aucun autre parti politique ne présente, dans leur programme, une telle assise. La philosophie des Insoumis a un nom : l'humanisme.
L'humanisme est apparu à la Renaissance en Italie puis en Europe. Il marqua une rupture avec l'esprit religieux du Moyen Âge. Il fut un courant philosophique et culturel qui plaçait l'être humain au centre de ses préoccupations, valorisait sa dignité, sa liberté et sa capacité à progresser par la raison et l'éducation. L'être humain n'était plus seulement soumis aux dogmes ou aux superstitions, il devenait acteur de son destin. Le savoir, la culture et l'esprit critique permettaient à l'individu de s'épanouir et de s'améliorer. Le respect de l'autre et la liberté de pensée étaient primordiaux pour vivre en société.
Plus généralement, un philosophe n'insulte personne sur les plateaux de télévision. Des Michel Onfray ou Raphaël Enthoven ne sont pas de vrais philosophes. Ils l'ont étudiée mais ne la pratiquent pas. J-L Mélenchon, en revanche, est un vrai philosophe. Son humanisme transpire dans ses discours et tout son programme L'Avenir en commun.
Pourquoi c'est important en politique ? Parce que sans colonne vertébrale philosophique, la morale se perd. Et une politique sans morale conduit à l'autoritarisme, voire au fascisme. C'est-à-dire que tout pouvoir sur… que je qualifie de toxique (cf. le podcast Les deux pouvoirs) mène nécessairement au fascisme parce qu'il ne sait pas s'autolimiter. Emmanuel Todd, un autre vrai philosophe, a montré que l'Occident est arrivé au stade zéro de la morale et de la religion.
Le religieux portait sa propre morale, pas nécessairement la meilleure. L'humanisme, ni pour ni contre le religieux, a restitué à l'être humain, sans Dieu, une morale que nous pourrions qualifier de laïque. Au sens où la laïcité est un mode de gouvernement occidental qui garantit la liberté de confession, de croire ou pas. Autrement dit, la laïcité n'est pas athée, elle est neutre !
Par exemple, la « Nouvelle France » des Insoumis n'est autre qu'une invitation à nous transcender ensemble, quelles que soient nos origines, nos couleurs de peau et nos croyances. À faire « France » en éveillant en nous la bonté, la générosité, le partage, la tolérance, le respect… (cf. le podcast Valeurs universelles, transcendance). Voilà la philosophie spirituelle que je défends et qu'incarne en effet le programme humaniste des Insoumis. Précisons : tous les spiritualistes sont nécessairement humanistes. Mais tous les humanistes ne sont pas réciproquement spiritualistes. Un spiritualiste voit un univers double, avec deux versants matériel et spirituel, tandis que nombre d'humanistes sont matérialistes : il n'existe qu'une seule substance, qu'un seul monde.
Je soupçonne M. Mélenchon et nombre d'Insoumis d'être matérialistes et donc athées, voire agnostiques (ne savent pas…). Mais tous respectent les croyants, dont je fais partie. Et en retour, nous, les croyants, respectons les non-croyants. C'est cela, entre autres, l'humanisme. Nous respectons toutes les différences et, en retour, nous militons pour réduire toutes les inégalités sociales et économiques qui en découlent. Ce que ne proposent pas, concrètement, les autres partis politiques, même les socialistes d'aujourd'hui qui n'en sont plus.
C'est simple, tous les programmes de Droite, du Centre et de la Gauche dite non-mélenchoniste, adhèrent au système économique néolibéral. Lequel ne partage pas les richesses (refus de la taxe Zucman) et hiérarchise de manière malveillante les dominants et les dominés (le petit peuple doit se taire). En réalité, le néolibéralisme ne possède aucune philosophie en tant que telle. Son seul objectif : produire et consommer pour que les dominants s'enrichissent sur le dos des peuples, au détriment de la planète.
Tel est le choix, notre dilemme moral en 2027, surtout pour celles et ceux qui n'aiment pas le personnage Mélenchon. Il est vrai que parfois M. Mélenchon ne se comporte pas toujours en philosophe. Rappelons-le, c'est-à-dire à la recherche de la vérité. Interrogé sur cette affiche « n'est-elle pas quelque peu antisémite ? ». Au lieu de reconnaître son ambiguïté et donc une erreur du graphiste Insoumis, il l'a réfutée violemment sans réel argument. Or j'admets volontiers que cette affiche n'apporte rien au débat politique et vient conforter son accusation d'antisémitisme. Elle l'abaisse et, au contraire, alimente le vote extrême-droite. Mais surtout, elle réveille des années noires et insulte le monde juif. Certes, M. Hanouna incarne l'Extrême-droite. Mais comme je le précisais, un philosophe n'insulte jamais. Cependant, parfois, nous dérapons, nous ne sommes que des êtres humains imparfaits, par nature. D'où la « valeur universelle » tolérance. Quoi qu'il en soit, la direction des Insoumis aurait dû censurer cette affiche. C'est toute la différence entre caricaturer et blasphémer. La caricature dénonce une vérité sociale (cf. les caricatures politiques d'Honoré Daumier) tandis que le blasphème attaque l'intégrité, le sacré et la dignité du personnage, vivant ou décédé.
Cela dit, nous ne devons pas voter en fonction de la personnalité des candidats mais uniquement selon leur programme. Nous n'avons aucune opinion construite s'agissant des personnages politiques. Nous n'avons qu'un masque, c'est ainsi ! J'ai conscience que cela demande un effort et beaucoup de lecture. C'est pourquoi je vais m'attacher durant les mois qui viennent à les synthétiser. En 2022, Jean-Marc Jancovici, ingénieur et enseignant connu du grand public, avait comparé les programmes : il avait à cet égard reconnu que celui des Insoumis était le meilleur s'agissant d'économie et d'écologie.
Si vous souhaitez mieux approcher l'histoire de l'économie libérale et néolibérale, celle des autres partis politiques, la nature des valeurs universelles au cœur d'une philosophie spirituelle, ma proposition d'une Économie spirituelle avec son Capitalisme coopératif, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qui fait réellement défaut à nos politiques, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde économique sain, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 26 juillet 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org