
Peut-on annuler la dette française ?
Jean-Luc Mélenchon, avec son humour caustique, vient de lâcher une bombe sur les capitalistes : annuler les 18 % de dette souveraine française détenue par la Banque de France. Un « jeu d'écriture, dit-il, dans le bilan de la banque centrale » qui « ne coûterait rien à personne. » On parle quand même de 600 milliards ! Gabriel Attal, outragé, répond vertement : « Foutre au feu la dette serait un projet de banqueroute totale du pays. » Évidemment, notre jeune candidat Renaissance, qui tombe dans le panneau, est soit un menteur soit un ignorant ! Or il n'est certainement pas un ignorant. En réalité, ici, cette bisbille de campagne électorale n'est qu'un prétexte, pour moi, de revenir sur le concept fondamental d'Argent magique. Et vous auriez tort de ne pas y croire !
Que dit Mélenchon ? Que la poche de la Banque de France est la même que celle de l'État français. Si je prête un peu d'argent à ma société. Juridiquement, ma société me le doit. Certes ! Mais comment pourrais-je lui faire un procès en vue de son remboursement. Aucun juge ne me suivrait pour la simple raison que cet argent est au final le même. Quand un État souverain se prête à lui-même l'argent public de sa Banque centrale, à taux zéro, le peuple ne doit rien (or nous en sommes quand même à 74 Md€ d'intérêts/an au lieu de RIEN !). C'est précisément ce qui s'est passé en France sous de Gaulle. En effet, avec cet Argent magique, le peuple de France, alors d'une extrême pauvreté, a reconstruit tout le pays, notamment bâti des hôpitaux de qualité reconnue mondialement, etc. Alors que la France d'aujourd'hui n'a jamais été aussi riche, nous vivons désormais comme des pauvres : tous nos Biens communs sont laissés à l'abandon. Et il y a une raison à cela !
Répondons immédiatement à la seule objection : l'inflation ? Pour éviter l'inflation, c'est simple, il suffit de ne JAMAIS investir cet argent public dans le privé. C'est-à-dire qu'il soit UNIQUEMENT employé à financer les Biens communs du peuple, comme les infrastructures, universités, écoles, crèches, services publics, hôpitaux, etc. Je vous renvoie à mon podcast et actualité L'Argent magique, ça existe depuis toujours et à l'excellent livre de l'économiste américaine Stéphanie Kelton, Le mythe du déficit.

Le mythe du déficit — Stéphanie Kelton
Or qu'a fait la BCE (Banque Centrale Européenne) entre 2016 et 2022 ? Elle a créé 2600 Md€ à taux zéro notamment pour acheter des dettes d'État que les banques privées détenaient. Ainsi, avec cet argent gratuit et illimité, elles ont pu spéculer comme jamais sur les marchés. Autrement dit, cet argent public a été déversé dans l'économie privée. Notamment dans le « quoi qu'il en coûte » durant le Covid-19, non pour sauver nos vies (les vieux sont morts dans les Ehpad à coup de Rivotril) mais pour maintenir à flot l'économie néolibérale. D'où le départ d'une inflation mondiale (jamais vue !) dès que les Banques centrales ont fermé le robinet en 2022 (cf. les podcasts Le drame de la spéculation ainsi qu'Inflation et déflation).
Imaginez à présent, qu'au lieu de soutenir l'économie privée, ces milliards aillent directement financer les Biens communs comme la planification écologique, la prévention climatique (pompes à chaleur dans les hôpitaux, écoles, crèches, universités) ou celle préservant les feux de forêts ainsi que la protection civile que réclament à cor et à cri les pompiers…, non seulement il n'y aurait plus d'inflation mais, de surcroît, une saine économie se développerait au profit du plus grand nombre. Plus encore, le « salaire à vie » cher à Bernard Friot serait financé sans problème et éradiquerait définitivement la pauvreté. Bien évidemment, nous serions face à une radicale révolution économique et financière : on changerait de monde. Et que feraient les autres peuples, à votre avis ?

L'enjeu du salaire — Bernard Friot
Sauf que cet argent public (donc magique, appartenant au peuple) n'irait plus enrichir sans cesse les riches depuis 50 ans. Voilà pourquoi M. Attal et les autres néolibéraux (Extrême-droite, Centre mou et fausse Gauche confondus) mentent sans vergogne ! Non seulement ils provoquent l'inflation en finançant le privé avec l'argent public (211 Md€ en 2023), mais, en plus, ils nous imposent l'austérité en son nom.
En synthèse, si Mélenchon peut dire, à juste titre, que les 18% de la dette française, détenue par la Banque de France, peuvent être purement et simplement annulés sans que personne ne perde rien, alors pourquoi pas 100% ? Il suffirait que la France retrouve sa souveraineté monétaire (sortir de l'euro ou l'imposer à l'UE) pour qu'elle puisse, en un trait de plume électronique, rembourser toute sa dette (3500 Md€), payer en totalité les créanciers, libérer définitivement les Français et commencer à investir intelligemment. Du coup, évidemment, l'argent, en tant que tel, ne serait plus un objet de spéculation mais reviendrait à sa première véritable fonction : échanger des biens et services !
Considérez un instant comme vraie cette hypothèse. Que pense M. Attal, dans sa tête, quand il crie au feu contre Mélenchon ? Que si le peuple comprenait un jour que la création monétaire ex nihilo (issue de rien), illimitée, gratuite et non-remboursable, était un fait incontestable, alors tout l'ensemble financier actuel s'écroulerait, puisqu'il est fondé depuis cinq mille ans sur la dette.

Dette, 5000 ans d'histoire — David Graeber
À l'inverse, que se passe-t-il en réalité ?
1/ Tous les ans, depuis 50 ans l'argent magique monétise la dette des peuples qui augmente sans cesse depuis 1972 (côté illimité). Date des premiers déficits annuels et de la mise en pratique du néolibéralisme économique et financier.
2/ Tous les ans, depuis 50 ans l'argent magique est créé ex nihilo à taux zéro ou presque (côté gratuité) au profit des banques privées et autres investisseurs qui financent à leur tour notre dette souveraine à 3% et plus.
3/ Tous les ans, depuis 50 ans l'argent magique ne sera jamais remboursé, et pour cause, la dette roule : le Trésor sans cesse réemprunte (côté non-remboursable). Et nos gouvernants nous « roulent dans la farine » avec l'austérité. Jamais depuis 1972, date à laquelle la France a commencé à se financer sur les marchés, les Français n'ont remboursé même une once de dette souveraine. Ni même sous de Gaulle, d'autant que l'argent de la Banque de France était alors gratuit.
Comprenez bien que les États-Unis, depuis 1945 et surtout à partir du 15 août 1971 (abandon par Richard Nixon des accords de Bretton Woods) font exactement la même chose mais avec le monde entier. D'où les BRICS, la Chine en tête, tentent de s'organiser autour d'une autre monnaie commune. Rappelons encore une fois que la France, sous Pompidou (lui aussi était sorti de la banque Rothschild), a commencé en 1972 à se financer sur les marchés (avec intérêts), alors que la Banque de France était aux ordres du Général !
Si vous souhaitez mieux approcher la nature de l'argent magique et ses sept critères spirituels, les leçons de Stéphanie Kelton en la matière, ainsi que la nature d'un objet spirituel et sa pensée irrationnelle, laquelle n'est plus ici synonyme de déraisonnable, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qui fait défaut à nos dirigeants, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde économique sain, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 20 août 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org