Perte du sens de la vie
L’une des premières questions existentielles est celle du « sens de la vie ». Pourquoi ai-je reçu la vie ? La vie a-t-elle un sens, une signification ou une direction ? Notez que nos amis les bêtes ne s’embarrassent pas avec ce type de considération. Ces questions sont propres à l’être humain.
Au niveau collectif, en 2026, le monde s’embrase et nous pose la même question. Que va devenir l’humanité ? Ou à l’inverse, l’avenir est-il tout simplement un non-sens, une absurdité ? Camus écrivit : « L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. » L’appel du sens face au silence d’un paysage magnifique qui ignore notre présence. L’appel de Dieu face à son silence qui ignore la souffrance humaine. Camus finit par y répondre « Puisque le monde n’a pas de sens, c’est à nous de le créer. » Et Meursault, son héros dans L’Étranger, finira par ouvrir son cœur à la tendre indifférence du monde. C’est ici où Camus nous interpelle tous, athées et croyants. Croyant moi-même, dans mes écris, je me suis constamment adressé tant aux croyants qu’aux athées au nom de la fraternité. Celle de Bergson ou du Dalaï-lama.
Voici ma réponse. Il n’y a qu’un sens de la vie, pas deux, un seul, tout le reste est factice. Et, avec Camus, il reste à créer. Tant au niveau individuel que collectif : nous aimer les uns les autres ; sinon, nous ferons notre propre malheur. Je l’ai nommée l’invitation-injonction de la Nature, dès lors que nous avons creusé des tombes pour nos amours, il y a environ cent mille ans. Laquelle a été rappelée avec force par le Christ.
Croyants et athées, nous avons tous à faire le même effort : fraterniser dans, par et avec l’Amour au sens le plus universel. C’est-à-dire incarner dans nos vies individuelles et collectives les « valeurs universelles », telles que je les ai présentées.
Cependant, le silence de Dieu n’est pas un abandon mais le respect de sa parole : la loi sacrée de notre libre-arbitre. Son silence est un acte d’Amour qui choque la raison philosophique. Pourquoi ? Parce que la raison humaine est incapable de penser l’Amour et le cortège de ses « valeurs universelles ».
Si l’univers, dans son immensité, n’a pas, effectivement, de sens, c’est bien à nous, qui avons tout reçu, de lui en offrir un : ouvrir notre cœur à l’Amour. Ce qui nous ramène au concept politique que je propose « Au cœur des peuples ». Or quel est le seul régime politique de l’amour en soi ? La démocratie directe, celle qui permet aux peuples de donner du sens à leur vie, de prendre leur destin en main et d’accomplir sur Terre un paradis et une fraternité. Pour finir et pour répondre à Camus, il y a l’autre absurdité : celle du monde violent, cruel et égoïste que nous avons bâti depuis cinq mille ans. Et celle-ci, contrairement à la première, est vraiment déraisonnable. Qu’attendons-nous ?
Grand merci pour votre patience.
Jean-Charles Conti, le 02 avril, 2026, à Draguignan
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