
Origine, nature et conséquence du racisme
Le racisme (et toutes discriminations, infériorisation de la femme, homophobie, xénophobie…) nécessite un éclaircissement ontologique face aux idées reçues, comme le racisme existe depuis la nuit des temps ou encore c'est dans la nature humaine !
Si les faits historiques et anthropologiques montrent qu'il n'en est rien, le racisme est, selon moi, le plus grand fléau social. Il est à la société ce que la propriété illimitée est à l'économie. Les deux résultant d'un égoïsme sans limite et immorale. Son enjeu appelle un arrêt sur image, dès lors, notamment, qu'il pollue les débats de la présidentielle 2027.
Selon une définition courante, le racisme est une doctrine fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains [dominants/dominés], selon la nationalité, une prétendue race, la couleur de peau, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique.
Or, contrairement à la pensée commune, le racisme apparut il y a environ 5.000 ans, avec la propriété privée, la dette et l'esclavage (cf. Dette, 5000 ans d'histoire de David Graeber). En revanche, depuis que nous creusons des tombes pour nos amours, depuis au moins 100.000 ans et plus, nous vivions civilisés dans le respect des valeurs universelles (cf. « La Chute néolithique »).
Racisme, esclavage, servage, colonialisme, capitalisme sauvage, impérialisme, fascisme…, procèdent de la même origine : dominer autrui. Il s'agit du pouvoir sur… que j'ai nommé pouvoir toxique (cf. « Les deux pouvoirs »). Il est toxique notamment parce qu'il ne sait pas s'autolimiter.
En vérité, les derniers séquençages de l'ADN ancestral montrent une particularité décisive : les peuples n'ont pas été « remplacés » les uns par les autres, au sens où l'entend l'Extrême-droite, mais se sont superposés couche après couche d'ADN. En clair, nos gènes ne possèdent pas une seule origine particulière qui nous distinguerait des autres peuples, comme l'ont cru les nazis avec la race aryenne, mais une multitude d'origines interdépendantes de millénaire en millénaire. Nos origines individuelles sont radicalement noyées dans celle de l'humanité toute entière.
De même, remarquons que la loi du sang, pas celle des suprémacistes qui prétendent à une race pure, mais celle qui nous impose d'accueillir l'étranger afin d'éviter toute consanguinité, pouvait aussi nous inviter à la fraternité. Force est de constater que le même sang, par l'intermédiaire cette fois-ci de son ADN, vient confirmer notre appartenance à toute l'humanité. De même encore, mentionnons l'hybridation des Néandertaliens, Dénisoviens et Sapiens durant environ 25.000 à 30.000 ans, toujours grâce au séquençage de leur ADN. En clair, nous avons tous fait des enfants ensemble selon nos rencontres amoureuses, et non selon nos appartenances à un clan quelconque, une tribu ou autre discrimination ridicule. L'idée de garder un sang pur, comme celle de la noblesse issue du droit divin, non seulement était risible mais surtout contre-nature.
Quant à sa nature profonde, il s'agit d'un complexe d'infériorité donc de supériorité. Je m'explique. Pour m'autoriser à dominer autrui, je dois me déclarer supérieur. Or, dès lors que je me déclare supérieur, je nourris à mon insu un complexe d'infériorité. Sinon, au nom de quel autre argument le ferais-je ? Se sentant dominés politiquement et impuissants économiquement, nous nous sommes inventés le racisme par compensation. Et les dominants (nos élites) en jouent avec démagogie et cynisme afin de mieux nous soumettre.
Remarquez que les racistes de tout poil n'ont pas d'argument factuel, seulement des anathèmes et autres noms d'oiseau, comme d'accuser autrui d'antisémite ou d'islamophobe, etc., quand ils ne savent plus quoi dire. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon est qualifié d'antisémite parce qu'il défend Gaza. Mais les mêmes, hormis nier le réel, n'opposent un quelconque argument face à son génocide. Observez-les attentivement.
Derrière leurs vociférations se dissimule toujours un complexe d'infériorité dans la mesure où ils se sentent impuissants face au réel, au factuel. Car reconnaître avoir tort face au réel revient à accepter notre propre infériorité. Or il est grand de s'agenouiller !
Leur racisme transpire partout, notamment face aux émigrés. Or jadis en France, ce furent les Italiens, les Portugais et les Polonais qui venaient leur voler le pain de la bouche. L'émigré maghrébin n'est qu'une recomposition actuelle du racisme vieux de cinq mille ans. Ce fut le même processus de domination durant les guerres de religion en Europe. Et l'on peut ainsi remonter l'histoire, comme chez les Romains face aux barbares. Qualifier l'autre de barbare, comme si c'était un argument, ou de « sauvageon » est du racisme crasse.
Comment répondre à ce fléau ? Par l'éducation. A commencer par reconnaître notre nature double, à la fois matérielle et spirituelle au sens où je l'ai défini : c'est-à-dire entre autres non-religieuse. On ne combattra pas politiquement l'Extrême-droite en la traitant de raciste, car il y a au fond de nous tous, quoi qu'on se raconte, un fond de racisme dès lors que nous subissons, d'une manière ou d'une autre, une forme d'impuissance. On ne combat pas le mal par le mal mais uniquement par le Bien. Les intellectuels humanistes ont donc pour mission, non de dénoncer les racistes, mais d'enseigner le fonctionnement délétère du racisme, sachant que nous le sommes tous, plus ou moins, au fond de nous-mêmes. Et surtout que la récupération politique du phénomène raciste est une honte, une insulte à l'intelligence humaine.
En réalité, nous naissons tous altruistes et potentiellement égoïstes (donc racistes) à partir de l'âge de deux ans. De même, démocrates et tyrans, antifascistes et fascistes, antiracistes et racistes, etc. Ainsi la démocratie représentative contient en germe le racisme, le fascisme et toutes les autres formes de dominations sur autrui. Les révoltes sont nées de la famine des peuples. Du coup les nouveaux gouvernants promettent de partager le pain, puis retournent à leurs dérives en accumulant les richesses et les ressources de la Nature sur le dos des peuples. Et ce cycle infernal se reproduit depuis environ 5.000 ans, sous une forme ou sous une autre. L'histoire bégaye.
En conclusion, le racisme et toutes les infériorisations d'autrui sont contre-nature. Il n'est pas dans la nature d'Homo sapiens d'être raciste. Pour mieux comprendre ce fléau social, il faut donc revenir à l'esprit de domination. D'où vient-il ? De la domestication néolithique qui s'est pervertie en pouvoir toxique il y a environ 5.000 ans. Et notre monde actuel en est gravement malade, notamment à cause du pouvoir toxique sur nos amis les bêtes, tous les vivants ainsi que la planète.
Si vous souhaitez approcher notre nature double, celle des « valeurs universelles » comme la justice sociale, l'hospitalité à l'égard des émigrés, le partage à l'égard des pauvres, pourquoi la politique est d'abord morale ?, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qu'appelle chacun d'entre nous, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 1 juillet 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org