Objet spirituel
Nous vivons parmi une quantité d’objets matériels au nombre quasiment infini. Cependant, nous vivons aussi parmi des « objets spirituels » moins nombreux mais bien plus importants. Ou plutôt, ce sont les seuls indispensables pour bâtir un monde en paix. Leur enjeu est à ce niveau. Comment les distinguer ?
Nos objets matériels fonctionnent à partir des trois principes rationnels. Le principe causal, de non-contradiction et celui de réalité physique. Quant aux objets spirituels, ils répondent aussi aux mêmes principes mais fonctionnent de manière symétriquement inversée. 1/ Il s’agit du principe causa sui ou cause de soi-même. C’est le cas de la volonté humaine. Quand nous décidons de faire le Bien au lieu d’un mal contre autrui, nous posons un acte cause de lui-même. 2/ Le principe de contradiction spirituelle et émotionnelle interne : « je l’aime mais, en même temps, j’ai peur de m’engager ! » 3/ Le principe de réalité spirituelle. Je ne peux ni montrer du doigt l’amour, la liberté, la République, la Nation, la démocratie, ni même les démontrer rationnellement. Ils sont de substance immatérielle, invisible et abstraite mais bien présente dans nos vies. Ce sont des objets de nature irrationnelle appartenant au monde irrationnel de l’Esprit. Vous l’aurez compris, ici irrationnel n’est plus synonyme de déraisonnable. La déraison concerne la raison qui s’égare, d’où la méthodologie scientifique cherchant à la maîtriser, car elle est capable de dire très souvent la chose et son contraire en même temps (cf. M. Macron).
Le « temps », par exemple, insaisissable rationnellement, est cause de lui-même puisqu’aucune cause extérieure n’est détectable. Quant à l’espace, en soi, contenant tout l’univers, comment pourrait-il provenir d’une cause extérieure ? Dieu ? Pourquoi pas ! Mais alors il est de même nature, cause de lui-même. C’est pourquoi Kant, à juste titre, en a fait des « a priori », c’est-à-dire des connaissances antérieures à toutes connaissances expérimentales et qui leur sont indépendantes. L’espace et le temps sont donc a priori en nous dès la naissance. Ils font partis de notre « outillage spirituel » en vue de nous adapter au monde physique et matériel.
La paix est aussi un objet spirituel, qui dépend de la volonté humaine à appliquer l’ensemble des « valeurs universelles », comme la fraternité, l’égalité, la liberté, le respect d’autrui et le partage. Elle est sur Terre un objet contradictoire car elle suppose en même temps la guerre. C’est même l’absence de guerre qui fait la paix. Par exemple, les armes de dissuasions nucléaires supposées maintenir une paix relative. La paix n’est jamais gagnée d’avance. Quand elle est présente un court instant, la guerre n’est jamais loin… Au final, la paix contient sa propre contradiction : la guerre. Enfin, la paix est une réalité spirituelle insaisissable, immatérielle, invisible, abstraite même mais bien présente dans nos cœurs. Qui n’aspire pas à la paix en soi-même et dans le monde ? Pourtant cela fait 5.000 ans que nous nous faisons régulièrement la guerre. Pourquoi ? Parce que depuis 5.000 ans, nous ne cultivons plus, nous n’avons même plus conscience de la présence de ces « objets spirituels » gravés dans nos cœurs biologiques.
Si vous souhaitez mieux comprendre le fonctionnement de ces étranges objets, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à les éveiller en nous, à ne plus les confondre avec le fait religieux qui, lui aussi, n’a que 5.000 ans, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » au peuple et bâtir un monde en paix. D’un paradis terrestre, nous en avons fait un enfer. Il ne tient qu’à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne nous souffre plus. Qui ne supporte plus nos mensonges politiques et économiques !
Grand merci pour votre patience.
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 05 avril 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org