Multiculturalisme ?
Développé par l’extrême-droite, le multiculturalisme révèlerait une loi anthropologique démontrée, à son corps défendant, par le célèbre politologue américain, Robert Putnam. Son étude, conduite en 2000 sur un échantillon de 30.000 individus, montrerait que plus la diversité raciale grandit, plus la confiance entre les individus s’affaiblit. Ainsi, dans les communautés les plus diverses, la confiance interraciale est plus faible qu’ailleurs, mais surtout la confiance intra-raciale l’est aussi. Etrange résultat paradoxal, pourtant confirmé ?
A l’inverse, l’économiste français, Eloi Laurent, publie le 24 octobre 2007 sur le site du Collège de France, rubrique La vie des idées, une thèse opposée issue du fameux « dilemme diversité-solidarité ». Autrement dit, pour les uns, l’immigration est un problème insoluble (thèse du RN en France) et pour les autres (les Insoumis), elle caractérise au contraire positivement la « Nouvelle France ». Débat racisé, si je puis dire, qui va court-circuiter les vrais problèmes économiques et politiques autour de l’élection présidentielle de 2027.
Or ces deux thèses opposées ont à la fois tort et raison. En effet, il est incontestable que face au multiculturalisme, ou la diversité, certains s’isolent dans la méfiance d’autrui (conduisant au racisme) et d’autres, dans la même situation, se socialisent avec solidarité et coopération (menant à l’antiracisme). Comment l’expliquer ? C’est simple. Les deux camps ignorent la faculté de l’être humain à se transcender. Reliant la tête au cœur et inversement, tel un ascenseur spirituel, il s’agit d’une transcendance innée. Un dépassement de soi-même, un passage d’une nature simple à une surnature (cf. le « surhumain » de Nietzsche). Cette transcendance naturelle se caractérise par un double mouvement en spirale, à l’instar du brin d’ADN : une élévation du singulier profane au collectif sacré, associée à une conversion de l’égoïsme vers l’altruisme. Par exemple, la mère qui se dévoue pour ses enfants, le fort qui tend la main envers le faible, le résistant qui s’oppose à la tyrannie, le soignant, le policier ou le militaire qui risquent leur vie pour en sauver d’autres (pensons au corps médical durant le Covid-19), l’enseignant qui combat l’ignorance, le citoyen qui milite pour une juste cause, le lanceur d’alerte et bien sûr un peuple quand il lutte pour retrouver sa liberté. Cette transcendance innée est, là aussi, propre à l’être humain. L’animal ne sait pas se transcender !
Les psychologues l’appellent depuis peu « résilience » face aux épreuves importantes de la vie, comme un handicap survenant lors d’un accident. Mais ils ne voient pas sa présence ontologique dans nos vies quotidiennes. De même, la transcendance mystique s’origine à partir de cette transcendance innée, que je nomme en politique « transcendance laïque ». Ainsi, il y a celles et ceux qui accueillent la diversité en éveillant par exemple la vertu d’hospitalité, de partage et solidarité et, au contraire, celles et ceux qui se recroquevillent comme des tortues, selon le mot de Robert Putnam.
Si vous souhaitez mieux comprendre le fonctionnement de notre nature double avec ses deux versants, matériel et spirituel, et ses trois composants, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D’un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu’à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques ! J’insiste : le racisme est l’expression d’un complexe d’infériorité qui cherche, précisément, à inférioriser autrui en vue de le dominer. Il est en ce sens contre-nature tandis que la diversité ou le multiculturalisme nous invitent à réaliser une humanité fraternelle.
Grand merci pour votre patience.
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 05 mai 2026
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