
Monnaie commune ou unique ?
Pourquoi une monnaie commune et non unique ? Pour une raison simple : nous, le peuple de France et tous les autres peuples, devons retrouver notre souveraineté dans tous les domaines politiques et économiques. Et ça commence par la souveraineté monétaire. C'est-à-dire, sans quitter l'UE, réinstaurer le franc à l'intérieur de la France et garder l'euro pour nos échanges internationaux. On ne quitte pas l'idée d'Europe, mais on retire la souveraineté antidémocratique de l'UE via sa banque centrale (BCE) sur nous. La majorité des autres pays européens suivront, car tous subissent le même sort que les Français. Les Grecs, en 2012, pour se sortir des griffes de la Troïka (FMI, BCE et Commission européenne), auraient sans doute dû restaurer la drachme.
Un petit rappel déjà vu dans l'actualité L'argent appartient au peuple. Sur les pas de Stephanie Kelton, j'appelle Argent magique la monnaie centrale créée ex nihilo (à partir de rien) par toutes les banques centrales. Pourquoi ? Parce qu'en effet il est magique dans la mesure où il se caractérise de manière illimitée, gratuite et non remboursable (cf. son podcast et son actualité). Donc, j'insiste :

Le mythe du déficit — Stephanie Kelton
1/ Tous les ans, l'Argent magique (monnaie centrale) monétise la dette des peuples, qui augmente sans cesse depuis 1972 en France (côté illimité).
2/ Tous les ans, l'Argent magique est créé ex nihilo (à partir de rien) à taux zéro ou presque, mais prêté à 4 % ou plus (côté gratuité).
3/ Tous les ans, l'Argent magique ne sera jamais remboursé (la dette roule : sans cesse le Trésor emprunte à nouveau, côté non remboursable) et nos gouvernants nous « roulent dans la farine » avec l'austérité. Jamais depuis 1972, date à laquelle la France a commencé à se financer sur les marchés, les Français n'ont remboursé même une toute petite partie de la dette souveraine. Ni même sous de Gaulle. Rappelons que l'argent de la Banque de France était encore gratuit jusqu'en 1972.
Résultat : la théorie de l'austérité pour les peuples et l'Argent magique dévoyé, dérouté au profit des élites dominantes, aujourd'hui mondialement organisées.
Alors notre choix est simple : soit nous persistons jusqu'à mourir sous le poids de nos dettes publiques et privées ; soit nous prenons en main notre destin en commun (cf. le podcast La loi sacrée du destin). Comment ?
1/ Face à notre dette souveraine, en prenant le « pouvoir en commun » sur la monnaie commune (cf. le podcast Les deux pouvoirs).
2/ Face à nos dettes privées, en prenant le pouvoir en commun sur la production des biens et services utiles. Utiles, car nous devons décroître en biens consommables inutiles. Sans pouvoir sur nos productions, il n'y aura pas la rupture écologique nécessaire pour cesser notre autodestruction : la Nature ne nous supporte plus !
Il n'y a pas d'alternative. Mieux redistribuer les profits, certes exorbitants, ce que veulent faire la Gauche, le PCF et LFI, ne servira strictement à rien dans la mesure où le caractère vicieux du capitalisme néolibéral persistera et reprendra tout dans dix ou vingt ans. Prendre un peu, beaucoup ou à la folie de l'argent aux riches, d'ailleurs ils s'en foutent, ne réglera rien.
En revanche, ils savent une chose depuis 5.000 ans : celle ou celui qui possède la propriété de la production est le vrai riche. Pour nous, les êtres humains, la véritable richesse n'est pas l'argent stocké mais le travail vivant. C'est pourquoi les « propriétaires-dominants » aliènent notre force de travail, jadis par l'esclavage, le servage, la colonisation, et aujourd'hui par l'ubérisation, l'auto-entreprise, ou même par un revenu minimum pour que demain nous continuions à travailler pour eux (forme moderne de colonisation). Alors que nous devrions travailler pour nous, c'est-à-dire pour-soi-en-commun.

Dette, 5000 ans d'histoire — David Graeber
Cette démocratie du travail s'appelle communisme. Et je dois bien reconnaître que j'ai mis 40 ans pour comprendre qu'une Arlette Laguiller ou un Olivier Besancenot étaient les seuls politiques à avoir vraiment tout compris. Et ce n'est pas sans raison que la classe bourgeoise et les médias à sa botte les cataloguent d'extrême gauche. Alors qu'ils expriment simplement la normalité en termes de production.
Réfléchissons ensemble. À l'état de nature, l'homme et nos bêtes s'activaient pour satisfaire leurs besoins vitaux. Ce n'est pas du « travail ». En revanche, la capacité de modifier profondément son environnement, parfois de manière néfaste et excessive, est le travail. Cette particularité, propre à l'être humain, fait partie de sa nature. Nous sommes le travail mais, comme souvent, il y en a deux : le bon et le mauvais. Le mauvais, c'est simple, ça s'appelle le capitalisme, c'est-à-dire vendre notre force de travail à autrui. Il est contre-nature.
En revanche, le bon, le travail naturel, revient à produire ensemble les biens et services utiles à l'humanité, notre pays, nos familles. C'est-à-dire la souveraineté sur le travail ou, dit autrement, la démocratie au travail. Voilà pourquoi nous devons récupérer notre souveraineté monétaire afin de financer et décider nous-mêmes nos productions, mais sans dettes et sans classe bourgeoise. Laquelle n'a qu'une obsession : rester propriétaire de l'outil de production.
Comme pour le pouvoir sur autrui (un pouvoir toxique), un travail aliénant autrui s'avère également toxique. Il est donc tout aussi contre-nature d'aliéner notre pouvoir souverain (politique) que d'aliéner notre pouvoir souverain du travail (économique). C'est ainsi que j'en ai déduit récemment que la démocratie du travail rejoignait, ou plutôt fondait, la démocratie directe que je qualifiais de spirituelle-laïque. Hier, je cherchais à sortir notre dimension spirituelle du religieux ; aujourd'hui, je milite pour sortir notre dimension économique de la religion capitaliste, sur les pas de Bernard Friot et Bernard Vasseur. Des communistes qui savent lire Marx avec intelligence et pertinence.

Le communisme qui vient — Bernard Friot et Bernard Vasseur
Si vous souhaitez mieux approcher la nature de l'Argent magique et ses sept critères spirituels, celle des deux pouvoirs, le bon et le mauvais, et plus généralement ce que signifie Démocratie directe, spirituelle-laïque, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qui fait défaut à nos dirigeants, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde économique sain, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne souffre plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 15 octobre 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org