
L’IA est-elle intelligente ?
L'intelligence artificielle est-elle vraiment intelligente ? A priori oui et non, mais après consultation du dictionnaire et méditation (un acte supposé intelligent), bien évidemment NON.
Le Robert nous offre deux approches plutôt pertinentes :
1/ Faculté de connaître, de comprendre ; qualité de l'esprit qui comprend et s'adapte facilement (je souligne).
2/ L'ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance rationnelle (opposé à sensation et à intuition).
Dans la première, on parle d'« esprit » tandis que dans la seconde, il s'agit de la « raison humaine ». Ce qui n'est pas du tout la même chose (cf. le podcast « Conscience, raison, IA »).
3/ Mais il y en a une troisième qui se promène sur le Web : l'intelligence émotionnelle ou l'intelligence du cœur : une capacité à comprendre, utiliser et gérer ses émotions de manière positive afin de réduire le stress, de communiquer efficacement, de faire preuve d'empathie envers les autres, de surmonter les défis et d'apaiser les conflits (cf. « La pensée du cœur »).
Trois fonctions issues de trois organes composent donc l'intelligence humaine : une fonction spirituelle issue de la conscience (l'esprit), une fonction rationnelle issue du cerveau et une fonction émotionnelle issue du cœur biologique. Ma démarche spirituelle a consisté à les différencier et les définir au mieux. J'invite donc le lecteur à se reporter aux divers podcasts du site www.aucoeurdespeuples.org.
La question qui nous intéresse ici est la suivante : où se situe l'IA au sein de ces trois intelligences humaines ou en forme-t-elle une quatrième ? Ni l'une ni l'autre : l'IA simule. Déjà sa structure et son fonctionnement n'ont rien de commun avec l'intelligence humaine dans ses trois définitions. De ce point de vue, l'IA n'est ni un cerveau ni une conscience ni un cœur. L'IA ne pense pas au sens où elle ne crée pas du nouveau avec du nouveau. Elle crée toujours du nouveau avec de l'ancien. On parle alors d'IA générative. Mais, là encore, sa création, certes fascinante, n'a pas de commune mesure avec le Boléro de Ravel. L'IA n'est pas capable de génie au sens premier du terme issu du latin Genius signifiant Ange. Comme l'indique la seconde définition du dictionnaire, l'IA, à l'instar de la raison, s'oppose à sensation et à intuition. Elle ne ressent pas puisqu'elle n'a pas de corps et elle ne vit pas d'intuition puisqu'elle n'a pas non plus de conscience spirituelle. Sa structure est donc composée d'informatique très élaborée et son fonctionnement serait plutôt apparenté à une simulation ou un simulacre des trois intelligences humaines.
Cependant, l'IA s'apparente ou simule au mieux la raison humaine. Elle s'appuie sur des données préalables (causes) et suit un raisonnement supposé hypothético-déductif (conséquences). Ce qui lui vaut le substantif « intelligence » dans la mesure où même la pensée scientifique confond « conscience » et « raison » (cf. le podcast).
Parfois même, elle déraille et devient incohérente mais comme peut le faire également la raison humaine. C'est même son principal défaut. En guise de raisonnement, le plus étrange réside dans le fait que les concepteurs maîtrisent les « entrées » et les « sorties » mais pas la « boîte noire » entre les deux. À nouveau, les raisonnements de l'IA simulent ceux de la raison humaine, mais n'ont rien à voir ensemble du point de vue fonctionnel.
En synthèse, la simulation est-elle une quatrième intelligence créée par l'homme ? Pour y répondre, pensons à l'intelligence de l'animal. Il est même parfois capable d'intelligence émotionnelle. Qu'on le veuille ou non, l'intelligence est une création de la Nature, mystérieuse et qui caractérise le vivant. J'ai même fini par attribuer une intelligence à la Nature elle-même. Par exemple, la sélection naturelle de Darwin n'est pas aveugle mais intelligente. Il l'a même conçu à partir de l'éleveur qui sélectionnait les meilleurs producteurs, donc avec intelligence.
Mais ce qui lui manque totalement, comme pour la raison humaine, c'est l'absence radicale de morale. Comme la raison humaine et animale, l'IA ne connaît ni le Bien ni le mal en soi. À nouveau, elle peut simuler la morale selon sa programmation d'origine, mais en aucun cas elle ne pourra adapter, par elle-même, une règle morale générale à un cas particulier quelconque. C'est du reste la caractéristique de l'intelligence humaine que n'a pas l'IA : passer du général au particulier et inversement. Elle ne sait pas non plus symboliser une situation ou un objet. Même son langage est une simulation sans locuteur. Elle ne connaît ni le signifié ni le signifiant d'un mot, d'une image, d'une idée ou d'un concept. Elle ne connaît pas le discours herméneutique, c'est-à-dire l'art d'interpréter un texte sacré ou autres.
Il importe donc de bien comprendre que l'intelligence de l'IA ne pense pas par elle-même, comme sait le faire une conscience spirituelle ou la pensée du cœur. Elle ne pense pas, elle simule la pensée humaine. Et c'est précisément là toute la confusion que porte jusqu'à son nom lui-même : intelligence artificielle. L'IA, comme la raison humaine, n'est ni intelligente ni créatrice, elles sont stériles. C'est du moins ma conclusion. Ce qui n'est guère étonnant puisque l'une dépend de l'autre. L'IA devrait plutôt se nommer SA pour simulacre artificielle. Enfin, j'insiste : l'IA en soi n'est ni intelligente ni un danger pour l'homme, c'est nous, comme d'habitude, le danger ! Mais cette question fera l'objet d'une autre méditation.
Si vous souhaitez mieux comprendre notre nature double, avec ses trois composants : une conscience dans sa tête, ses valeurs universelles dans son cœur et sa transcendance innée (un ascenseur spirituel entre la tête et le cœur), ce que ne sait pas faire l'animal et encore moins l'IA, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde intelligent, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 4 juin 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org