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Lettre à Macron
Politique Française Jean-Charles Conti

Lettre à Macron

Lettre adressée à Monsieur le Président de la République, Palais de l'Élysée, 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris.

Monsieur le Président d'une pauvre France,

En 1969, après un NON des Français à son référendum, le Président Charles de Gaulle a démissionné conformément à l'esprit de la Ve République. Comme vous l'avez pratiqué sans modération depuis dix ans, elle vous a donné tous les pouvoirs les plus excessifs. La contrepartie supposait, et le suppose toujours, de démissionner quand l'ensemble du peuple manifeste contre votre politique économique néolibérale.

Il est vrai qu'après dix ans d'abus de pouvoir, vous laissez un peuple appauvri comme jamais alors que le pays s'avère de plus en plus riche, du moins selon les derniers calculs de l'économiste Thomas Piketty. Richesse particulièrement paradoxale puisque d'un côté les très riches se sont encore plus enrichis pendant que, de l'autre, vous avez chargé notre dette souveraine de 1.400 Md€ sur 3.600 Md€ actuels. En clair, vous êtes responsable de 40 % de notre dette alors qu'en 50 ans de déficits, vous n'avez régné que 10 ans, soit 20 %. Bref, vous avez fait deux fois plus fort que vos prédécesseurs, c'est-à-dire depuis le président Giscard d'Estaing.

La vie politique ne manque pas de sel et d'ironie. Vous fûtes présenté par vos communicants comme le Mozart de la finance en 2016 et vous finirez dans les livres d'histoire en orchestre du Titanic. Il est vrai, au final, que vous êtes le champion des riches et, à cet égard, c'est une vraie réussite !

Pourquoi vous écrire ce que vous saviez déjà ? Pour vous supplier à genoux de cesser de martyriser nos enfants. Vous avez gagné sur tous les plans, vous avez réussi à appliquer une politique économique qu'aucun peuple n'aurait souhaitée, vous avez maltraité les Français depuis dix ans comme jamais un président de la République n'aurait osé le faire.

À tel point que la rage des manifestants ne fera qu'empirer de semaine en semaine. Mais jusqu'où ? Vous n'avez même plus de doctrine du maintien de l'ordre. Votre police et votre justice s'abattent sur eux comme s'ils étaient vos ennemis personnels. Irez-vous jusqu'à la guerre civile ? Vous savez (et nous savons) que votre rhétorique sur l'ultragauche et LFI est un pur mensonge inventé en vue de masquer le réel. C'est-à-dire ce que j'ai décrit en première partie.

À votre violence politique, vous répondez par encore plus de violence policière. Vous en arrivez même à violer le droit constitutionnel de manifester. Comment voulez-vous finir votre présidence ? À ce régime « fascisant », vous ne tiendrez pas jusqu'à l'élection présidentielle en 2027. Les manifestants dans la rue, représentant la majorité des Français, n'en sont plus à revendiquer quelques mesurettes qui ne changeront rien. Selon moi, simple citoyen, ils veulent se « venger » de dix ans de maltraitances avant que vous ne partiez définitivement. Car n'espérez pas revenir en 2032.

En conclusion, deux possibilités s'offrent à vous. Soit vous abdiquez à la de Gaulle ; soit vous acceptez de répondre aux lycéens avec de vraies (pour une fois) propositions. Sinon ce sera le chaos. La dernière fois que le peuple de France s'est soulevé, mené par la classe bourgeoise à l'époque révolutionnaire, il a pris la Bastille. Certes, l'histoire ne se répète jamais, mais elle bégaie. Ne prenez pas ce risque, il est réel !

Avec tout mon respect.

Jean-Charles Conti, le 24 octobre 2026

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