
Les Français veulent une rupture, mais laquelle ?
Fatigués par 50 ans d'austérité, une dette abyssale et 10 ans de macronisme leur laissant une économie dévastée, les Français, à n'en pas douter, veulent une politique de rupture en 2027. MAIS LAQUELLE ?
Certes, il y a la Gauche radicale avec un programme clair, construit et une dynamique incontestable. Sauf qu'il pose question : Mélenchon va-t-il conduire la France à la faillite ?
En face, il n'y a que Marine Le Pen avec un programme autoritaire, un parti devenu respectable (supposé non-raciste), désormais dans l'arc républicain, dont l'idéologie économique pourrait séduire les libéraux et les patrons (rien ne change !) et peut-être même les marchés. Lesquels continueront sans doute à financer la France à coup de 4 ou 5 % d'intérêts, voire plus. Sauf que le cœur de son programme réside essentiellement dans la préférence nationale et une politique d'immigration clairement affichée. Laquelle en dit long sans rien montrer de concret en termes économiques et sociaux.
Entre d'un côté l'extrême et, de l'autre, la radicalité, c'est le néant. D'autant que personne ne veut d'un relent macroniste, ni ses alliés d'une Gauche qui bigle à droite depuis 1983. Bref, au deuxième tour, ce sera Marine contre Jean-Luc. Autrement dit, les deux seules propositions présentées aux Français radicales et opposées !
Si 30 % des électeurs, tout confondu, penchent résolument à Gauche, si le socle du RN s'élève aussi avec certitude à 30 %, si 20 % au moins vont s'abstenir, qu'attendent les 20 % restants ? Bien malin qui peut y répondre, alors que le résultat final sera entre leurs mains.
Or la question centrale en 2027 est la suivante : comment redresser les finances catastrophiques de la France ? et donc par qui ? Les économistes du RN sont aux abonnés absents (François Durvye, l'un des leurs, vient même de démissionner !). Il est clair qu'il y a un conflit d'idéologie économique au sein du RN, entre Marine et Jordan. LFI, de son côté, veut effacer 18 % de la dette pour redonner une marge de manœuvre à son programme, taxer les riches et les héritages. Rien de réjouissant pour une économie néolibérale !
Cependant, la question reste entière dans la mesure où au moins 95 % des Français n'ont pas de culture économique pour y répondre. Reste l'autre grande question pour une majorité d'électeurs : la crise écologique après un été dévastateur et révélateur comme jamais ?
À Gauche, Mélenchon y répond clairement mais il ne dépassera pas les 30 %, toute Gauche confondue. À Droite, aucune réelle pensée écolo. Restent les 20 % d'indécis. Somme toute, J-L Mélenchon s'avère bien meilleur en écologie mais fait peur en économie tandis que Marine Le Pen est nulle en écologie mais intuitivement rassure en économie dans la mesure où elle ne changera rien. Son extrémisme réside surtout dans l'inertie !
Pendant ce temps-là, la majorité des journalistes et des médias, officiels ou alternatifs, n'entrent pas en profondeur dans une étude sérieuse ni en économie ni en écologie en vue d'éclairer les Français. Or, selon moi, ce sont les deux questions principales qui feront pencher les 20 % d'indécis au dernier moment. Cependant, les Français sont politiquement intelligents : ils l'ont montré en 2022 en élisant un Président sans majorité pour la première fois depuis le quinquennat, et en 2024 en sortant du bipartisme inopérant factuellement, du moins pour eux, depuis les années 1970/80, au commencement était le néolibéralisme…
En conclusion, le match est loin d'être plié d'avance contrairement au dernier sondage qui donne 69,5 % à Marine et 30,5 % à Jean-Luc. Du reste, ces sondages (il y en a au moins deux) n'ont aucune crédibilité. En effet, même de Gaulle, en 1965, fut élu Président, lors du premier suffrage universel, qu'avec 55,20 % des suffrages exprimés et une participation exceptionnelle de 84,75 % de votants. Je ne comprends même pas ces sondeurs, compétents et supposés intelligents, enclins à afficher un tel résultat jamais vu. Quel est leur objectif ? Montrer que le RN a gagné d'avance ? Avec une conséquence à la clé : augmentation de l'abstention, surtout du côté du RN (le match étant plié d'avance !) et peut-être même une démobilisation de la Gauche pour la même raison. Quoi qu'il en soit, à leur place, j'aurais gardé ce ridicule résultat dans un carton d'archive, au lieu de l'arborer comme un trophée déjà réalisé !
Bref, il reste sept mois pour clarifier l'enjeu principal de cette élection, laquelle n'a peut-être jamais été aussi déterminante, sauf sans doute celle de 1962 lors du référendum constitutionnel permettant d'élire le président de la République française au suffrage universel. Son résultat fut quand même un OUI à 62 %, avec un taux de participation de 76,97 %.
Quoi qu'il en soit, la Ve République est sans doute à bout de souffle, surtout suite à un Macron qui l'a franchement défigurée dans sa pratique autoritaire. Passerons-nous à la VIe ? Allons-nous admettre que toutes les théories économiques ont échoué depuis Adam Smith ? Que la politique néolibérale est incompatible avec une idéologie écologique et sociale stable ? Que le bouleversement climatique va saccager l'agriculture locale et l'économie mondiale, avec, dans les années à venir, nombre de pénuries à la clé ?
Quand nos élites vont-elles comprendre que nous sommes en guerre ? Outre les guerres conventionnelles actuelles, que nous sommes en guerre climatique, écologique et économique ? Que l'heure est à l'union sacrée et que notre véritable ennemi c'est nous-mêmes ? Quand vont-ils tous se mettre autour d'une table et tout repenser, de la cave au grenier, l'intérêt général chevillé au corps ?
Nous venons d'assister à un triste premier débat, sur LCI, avec les sept principaux candidats face au patronat. Tous (y compris les médias et leurs commentateurs) sont satisfaits de leurs prestations. Mais qu'en est-il ressorti ? Personne, ni même un seul patron, n'a posé sur la table la question fondamentale d'une économie récurrente et résolument en échec ! Pas un ne l'a évoquée, si ce n'est Mélenchon qui les a avertis vertement : « Si vous n'augmentez pas les salaires, vous allez rire jaune (en effet, ça les amusait),… car la consommation populaire représente 55 % du PIB ! » Il est clair qu'ils sont dans une totale inconscience du monde économique et financier dans lequel nous sommes. Ils ont peur mais ne savent pas pourquoi ! Pas un mot sur la question des inégalités entre les salaires et les dividendes. Et le chef des Insoumis de préciser : « Vous allez devoir apprendre à partager ! » À titre d'exemple, l'une des questions du patronat, choisie par les organisateurs LCI, fut celle-ci : « comment comprendre et expliquer une fiche de paie ? » C'est dire le niveau !
Si vous souhaitez aborder une autre approche de la politique, une politique morale, et sa transcendance (l'ascenseur), la différence entre les deux démocraties, la bonne et la mauvaise, et celle entre les deux pouvoirs, le bon et le mauvais, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 27 août 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org