
L’écologique au pouvoir
Qui n'a pas compris que la question écologique et climatique s'avère vitale ? Cependant, qui a compris que, derrière le drame écologique et climatique, se masque la question fondamentale du pouvoir ? Sans un réel pouvoir politique, l'écologie ne sera jamais au pouvoir. Je m'explique.
De tous les programmes politiques 2027, celui des Insoumis s'avère le plus concret et volontaire. Par exemple, J-L Mélenchon veut « inscrire dans la Constitution le principe de la « règle verte », selon laquelle on ne prélève pas davantage à la nature que ce qu'elle est en état de reconstituer. » Juste du bon sens que voteraient 83 % des Français, selon Harris Interactive en juillet 2021.
Puis il veut « redécouper les Régions à partir des bassins versants et leur confier l'eau comme première responsabilité. » À ce titre, l'hydrologue systémicienne, Emma Haziza, Docteure de l'École des Mines de Paris et experte reconnue en adaptation climatique, révèle et nous alarme sur la pénurie imminente d'eau en France. Ce constat est un fait objectif indéniable.
Cependant, cette planification écologique, que nous pourrions qualifier de révolutionnaire, appelle une révolution démocratique. Mélenchon l'a bien compris : il s'agit de coordonner l'importance du rôle des communes avec une organisation au niveau de l'État. Les écorégions pourraient faire remonter les « cahiers de doléances » démocratiques au plus haut niveau de l'État et voter des lois accordant les financements nécessaires. D'où la publication, aux éditions Amsterdam, par l'Institut La Boétie de son nouvel ouvrage, Pour un nouveau communalisme : les communes au cœur de la révolution citoyenne.
Ainsi la vie démocratique doit commencer au niveau des communes, avec chacune leurs spécificités. J'irais même plus loin : la vie démocratique d'un pays commence par le bas mais à la condition que le haut le permette ; ce qui n'a jamais été le cas. Ce qui nous ramène à la question du pouvoir (cf. le podcast Les deux pouvoirs), le bon et le mauvais.
Le mauvais c'est simple, c'est le « pouvoir sur… ». Sur autrui, sur les peuples, sur nos amis les bêtes et sur toute la planète. Ce pouvoir toxique est un véritable cancer qui ronge nos sociétés et nos vies. Il s'incruste partout, en nous et en dehors de nous, et ceci depuis au moins cinq mille ans. Pire encore, il ne sait pas s'autolimiter car il en veut toujours plus… Même les trois pouvoirs et contre-pouvoirs du grand Montesquieu s'avèrent impuissants : soit ils se couchent, soit ils s'opposent inutilement. En clair, l'exercice de ce « pouvoir sur autrui », quel qu'il soit, exclut nécessairement autrui de la sphère de décision. Or il est contre-nature d'aliéner la volonté d'autrui, donc son destin (cf. le podcast La loi sacrée du destin). Réciproquement, il n'est donc pas permis à l'homme, par nature, d'aliéner sa propre volonté au profit d'autrui, donc son destin. C'est tout le message de La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire.
Pourquoi tout « pouvoir sur autrui » est-il contre-nature ? Parce qu'il devient nécessairement tyrannique : ne sachant pas s'autolimiter, il se transforme systématiquement en pouvoir absolu. Pourquoi ? À cause de notre « outillage spirituel » qui pense de manière illimitée. Pourquoi ? Parce que nous ne savons pas aimer autrement que de manière illimitée. Du coup, dès que l'un d'entre nous possède un pouvoir personnel sur autrui, il s'autorise à aimer sans cesse posséder et, par conséquent, à déposséder autrui. D'où toutes les formes de corruptions et de malveillances notamment en politique et en économie.
Abordons le bon : le « pouvoir en commun ». D'abord, c'est le seul pouvoir légitime conféré par la Nature (notre nature). Il possède ceci de particulier qu'il impose que tous les protagonistes concernés participent à l'élaboration, la délibération et la décision finale.
Imagine-t-on, par exemple, un couple harmonieux au sein duquel le mari serait le seul à décider du destin de la famille ? Pourtant ce fut le cas durant cinq mille ans jusqu'au milieu du XXème siècle. Après la seconde guerre mondiale, nos mères, nos sœurs et nos épouses nous ont dit : « Messieurs, c'est fini, il va falloir partager le pouvoir… »
Somme toute, seul le pouvoir en commun est capable de s'autolimiter. Bienveillant et fraternel par nature, il nous invite à délibérer ensemble et à décider d'un destin commun. Toute autre forme de pouvoir n'est, au final, qu'un pouvoir absolu contre-nature. En conséquence, l'essence même de la démocratie représentative, en l'état, est contre-nature, car à destin commun, pouvoir en commun (cf. le podcast Les deux démocraties).
Et c'est tout le problème des crises écologique et climatique. Rien n'avance vraiment depuis 50 ans, depuis le rapport Meadows de 1972 et des GIEC suivants. Pourquoi ? Parce que l'écologie n'est pas au pouvoir. Pourquoi ? Parce que seuls les peuples auront le courage de voter les lois nécessaires, et qui demanderont des sacrifices, pour prévenir des conséquences climatiques et protéger la biodiversité et les vivants. Autrement dit, la vie humaine !
En conclusion, à cet égard, le programme des Insoumis est, de loin, le meilleur. Cependant, il va falloir dans les années à venir, sous diverses formules, restituer le pouvoir aux Français. Sinon, même la volonté déterminée de M. Mélenchon et ses Insoumis ne sera pas suffisante. Seul, le pouvoir en commun permettra à long terme l'instauration d'une réelle écologie et une lutte efficace contre le réchauffement climatique : l'Écologie au pouvoir !
Si vous souhaitez aborder notre nature double, avec son versant spirituel, une autre approche de la politique et sa transcendance (un ascenseur spirituel), la nature des « deux pouvoirs » et le concept d'une Écologie spirituelle, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 5 août 2026
Pour approfondir cette vision d'une société réconciliée avec le pouvoir citoyen, découvrez le livre et le projet sur www.aucoeurdespeuples.org