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Le racisme est-il le carburant du capitalisme ?
Philosophie Politique Jean-Charles Conti

Le racisme est-il le carburant du capitalisme ?

Le capitalisme, pour le dire simplement, est une minorité qui domine la majorité par l'argent. Dans sa forme moderne, surtout par l'argent public ; celui du peuple. Mais pas seulement. Pour dominer, il faut une idéologie, au sens négatif du terme, le racisme. La première forme de racisme fut l'infériorisation de la femme, et ça dure encore. À la même époque, il y a environ 5.000 ans, ce fut aussi l'apparition de l'esclavage. Ainsi, le racisme est constamment présent. L'étranger et le barbare, notamment chez les Romains. Déjà à cette époque, l'empire Romain acceptait qu'un étranger ou un esclave méritant deviennent un bon romain, comme aujourd'hui, un brillant étudiant est endoctriné à dominer les siens (cf. Crépuscule de Juan Branco).

Outre la femme et l'esclave, le pauvre, le faible, le malade et même l'enfant furent racisés. Il faudra attendre la seconde moitié du XXème siècle, notamment grâce à Françoise Dolto, pour cesser de croire qu'un enfant en bas-âge était comme un légume qui ne ressentait rien, ni même en termes de douleur. En synthèse, toutes les différences naturelles furent utilisées pour « raciser » autrui, donc le dominer. Il est intéressant de préciser que le terme « raciser » est entré dans le dictionnaire seulement en 2010.

« Raciser autrui » signifie le dominer par sa différence. C'est ici que le capitalisme rejoint le racisme. Le racisme (et toutes discriminations, homophobie, xénophobie, sexisme, LGBTQ+…) est nécessaire au capitalisme. Pour dominer, il faut diviser. Quoi de plus efficace que le racisme pour diviser. Il est même la seule idéologie abjecte pour fractionner les dominants et les dominés. Si vous avez une multitude de communautés en face de vous, elles ne pourront jamais (ou presque) s'unir pour vous abattre. Régner c'est diviser !

Nous avions vu (cf. l'actualité Origine, nature et conséquence du racisme) la dimension psychologique du racisme en tant que complexe d'infériorité masqué derrière un complexe de supériorité : pour se sentir dominant, il faut inférioriser autrui afin d'en faire un dominé. À cet égard, j'avais précisé que nous étions tous capables de raciser autrui. Il est dans notre seconde nature de raciser (à partir de deux ans, avec l'apparition de l'égoïsme : cf. les podcasts L'altruisme I et II). Par exemple, le « bon émigré » (même s'il est déjà français !), c'est celui qui travaille, discret dans l'expression de sa religion et non-violent. Une femme voilée n'est pas une bonne émigrée.

Observez également cette contradiction de nature raciale. D'un côté l'émigré vole notre travail et de l'autre, le même émigré profite des largesses de l'État providence, comme le chômage… Et j'ai entendu les deux à la fois par la même personne. Face à sa contradiction, elle soutenait encore voter pour le RN afin de chasser les émigrés, avec toute la litanie du grand remplacement.

Plus généralement, selon une définition courante, le racisme est une doctrine fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains [dominants/dominés], selon la nationalité, une prétendue race, la couleur de peau, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique. Selon moi, j'étendrais cette définition jusqu'au niveau des classes sociales et leurs luttes. Ce qui m'intéresse dans cette définition c'est l'idée de hiérarchie sans autre précision. Nul ne doute que toute la vie humaine (et même la Nature elle-même) est naturellement hiérarchisée. Pour qu'un groupe fonctionne, il faut un chef et une pyramide hiérarchisée.

La précision qui manque est la suivante et elle me semble importante. Si le racisme est une hiérarchisation et que la vie humaine l'est aussi, alors cette définition du racisme suppose qu'il est, lui aussi, naturel. Ce qui est faux. Il existe deux types de hiérarchies, la plus courante malveillante mais également la bienveillante (cf. le podcast Relation humaine universelle). Dans une relation hiérarchique bienveillante, le racisme n'existe plus, puisque, dans ce cas, nous sommes tous égaux en droit et en dignité, mais tous aussi avec nos différences naturelles, nos forces et nos faiblesses. Ainsi, les Droits de l'homme (et de la femme) excluent tout racisme.

Le racisme est donc la composante sociologique, politique et économique du capitalisme, tel qu'il est pratiqué depuis ses origines. En clair, supprimez le racisme et vous supprimerez le carburant du capitalisme. Le capitalisme et son racisme, en tant que machine économique à dominer pour s'enrichir, s'oppose radicalement aux Droits de l'homme et par suite à toute démocratie. J'attire donc l'attention de mes frères-concitoyens sur ce constat contradictoire. Comment peut-on vivre en démocratie dans un monde capitaliste et raciste ?

C'est tout l'enjeu de ce propos et c'est pourquoi je milite pour un « Capitalisme coopératif », lequel évoluera au sein de hiérarchies bienveillantes. Utopique ? Certes, mais l'utopie est un rêve qui pourrait se réaliser si… L'humanité, du reste, a évolué grâce aux utopistes. Or, il est clair, pour une majorité, que ce monde politique et économique est gravement malade. Au point sans doute de s'autodétruire avant la fin de ce siècle si nous ne faisons rien !

Contrairement à la pensée commune, le racisme n'apparut qu'aux environs des 5.000 ans de notre présent, avec la propriété privée, la dette et l'esclavage (cf. Dette, 5000 ans d'histoire de David Graeber). En revanche, depuis que nous creusons des tombes pour nos amours, depuis au moins 100.000 ans et plus, nous vivions civilisés, sans racisme et dans le respect des valeurs universelles (cf. les podcasts Nos origines spirituelles et La Chute néolithique). Racisme, esclavage, servage, colonialisme, capitalisme sauvage, impérialisme, fascisme…, procèdent de la même origine : dominer autrui. Il s'agit du pouvoir sur… que j'ai nommé pouvoir toxique (cf. le podcast Les deux pouvoirs). Il est toxique notamment parce qu'il ne sait pas s'autolimiter.

Comment répondre à ce fléau ? Par l'éducation. À commencer par reconnaître notre nature double, à la fois matérielle et spirituelle au sens où je l'ai défini : c'est-à-dire entre autres non-religieuse. On ne combattra pas politiquement l'Extrême-droite en la traitant de raciste, car il y a au fond de nous tous, quoi qu'on se raconte, un fond de racisme dès lors que nous subissons, d'une manière ou d'une autre, une forme d'impuissance. On ne combat pas le mal par le mal mais uniquement par le Bien. Les intellectuels humanistes ont donc pour mission, moins de dénoncer les racistes, mais surtout d'enseigner le fonctionnement délétère du racisme, sachant, j'insiste, que nous le sommes tous, plus ou moins, au fond de nous-mêmes. Et surtout que la récupération politique et capitaliste du phénomène raciste est une honte, une insulte à l'intelligence humaine.

Si vous souhaitez approcher notre nature double, les valeurs universelles comme la justice sociale, l'hospitalité à l'égard des émigrés, le partage à l'égard des pauvres, le Capitalisme coopératif, mais aussi pourquoi la politique est d'abord morale, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qu'appelle chacune et chacun d'entre nous, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, j'insiste, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Jean-Charles Conti, Draguignan, le 18 juillet 2026

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