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Le capitalisme coopératif ?
Économie Jean-Charles Conti

Le capitalisme coopératif ?

Tous admettent que l'économie française va très mal, que les salaires sont trop bas, que les impôts et les charges sont trop hauts, que l'État coûte trop cher… Mais personne n'a le courage et la sincérité de reconnaître que la cause profonde réside dans l'échec du capitalisme néolibéral qui sévit depuis 50 ans ; excepté M. Mélenchon. Lequel, seul, rame à contre-sens, pratiquement impuissant. Pourtant, depuis Marx et Engels, la théorie existe, actualisée par l'économiste Bernard Friot et le philosophe Bernard Vasseur dans Le communisme qui vient. Je la résume dans l'esprit de mes travaux de nature spirituelle. Je dois avouer que la découverte du communisme, expliqué par nos deux auteurs, m'a vraiment surprise. Au final, j'arrivais aux mêmes conclusions, exceptée celle-ci : je n'avais pas vu que la racine de l'échec politique, social et économique du capitalisme résidait d'abord dans notre rapport au travail et que ce dernier avait tout inversé. Plus encore, que la démocratie que je défendais commençait d'abord par la démocratie dans la production socialisée maîtrisée par le salariat. Comme beaucoup, je croyais qu'il fallait prendre le pouvoir par les urnes, puis, à partir du bas, remonter en éveillant l'esprit démocrate inné. Or Friot insiste : prendre le pouvoir de l'État sans avoir déjà repris le pouvoir sur le travail à la bourgeoisie capitaliste conduira à un échec. C'est toute la différence, précise-t-il, entre le socialisme réformateur et Le communisme qui vient avec ses « déjà-là ». Ces déjà-là sont principalement les conquis de la CGT depuis 1919 et des Ministres communistes à partir de 1946 : les conventions collectives et le statut exceptionnel des fonctionnaires. Lesquels sont farouchement combattus par le capitalisme, surtout à la sauce Macron.

1/ Travailler pour autrui est contre-nature.

À l'état de nature, l'être humain (homme comme femme) travaillait pour-soi-et-en commun (cf. le podcast Nos origines spirituelles). L'idée de vendre sa force de travail contre une rémunération n'existait pas. Chacune et chacun s'activaient selon ses forces et ses talents à leur profit et, en même temps, au profit de leur communauté. Nous étions déjà communistes au sens premier : partager et prendre soin des communs en harmonie avec la Nature.

Il y a 5.000 ans, à l'avènement de la propriété lucrative, « celle qui tire profit du travail d'autrui », et son corolaire la dette, le dominé s'est vu dans l'obligation de travailler pour le dominant afin de payer ses dettes et survivre. Dettes qui apparurent après leur dépossession arbitraire contre-nature des communs (cf. le podcast La Chute néolithique).

Puis le capitalisme, ne pouvant plus utiliser la force brutale (l'esclavage, le servage, la colonisation…), a commencé à rémunérer, certes faiblement, le travail. C'est à cette époque que la notion de « travail pour autrui » prit son sens actuel. Une contrainte : vendre à autrui sa force physique et mentale pour survivre… Le travail n'était plus consubstantiel à l'être humain, comme avant la Chute néolithique d'il y a 5.000 ans environ.

2/ La division du travail.

Afin de mieux rentabiliser le travail, le capitalisme inversa également la coopération naturelle (cf. le podcast La loi universelle de coopération) en division du travail contre-nature (cf. le fordisme). C'est ainsi qu'apparurent les concepts saugrenus d'« emploi », de « capital humain » et « marché du travail ». Avant le capitalisme, le rapport de domination était extérieur au travail (castes sociales…). Après, il devient intérieur au travail : « il fallait travailler pour survivre ! », et les « propriétaires-dominants » s'enrichirent. Quand on divise le travail, on déshumanise le travailleur qui n'est qu'un subordonné irresponsable payé à la tâche. Et s'il n'y a plus de travail, il devient un « sans-emploi », un chômeur, un poids qui coûte à la société… Un drame social qui nourrit honteusement le capitalisme sauvage !

3/ La valeur-travail.

À nouveau, le capitalisme inversa la valeur qualitative au sens du bonheur issu de son propre travail bien fait par la valeur quantitative en espèces sonnantes et trébuchantes. Les deux Bernard le formulent ainsi :

« Il ne s'agit donc pas – insistons encore – d'être fier de son travail, mais d'être fier d'en tirer de quoi vivre malgré toutes les difficultés. On comprend que la valeur-travail soit au cœur du catéchisme de la religion capitaliste, enseignée et célébrée à toute occasion. »

Cette première analyse pertinente, juste au niveau de la notion communiste du « travail », laquelle, à l'inverse, nous paraît naturellement évidente tellement nous sommes conditionnés dès notre jeunesse, nous montre une chose très simple : le monde que nous avons fabriqué depuis 5.000 ans est contre-nature, contre notre propre nature humaine. Et pour cause, les faits sont là : toutes les théories et systèmes économiques sont en échec. Les unes s'opposant aux autres, depuis Adam Smith, sont toutes FAUSSES puisque contrenatures. Or, comme nous le savons à juste titre, la Nature (y compris la nôtre) reprendra ses droits, quoi qu'il arrive. Comment ? Par un monde économique délabré et, par suite, le monde écologique dévasté, lesquels s'écroulent ensemble sous nos yeux. Nous avons troqué notre belle nature coopérative en une monstruosité divisée et contre-nature !

Que faire ?

C'est très simple : revenir à notre première nature (cf. le podcast Nos origines spirituelles). Comment ? En organisant le travail pour-soi-et-en commun. Ainsi formulé par nos deux auteurs :

« Le travail devient cette expression de nous-mêmes par laquelle, collectivement et avec les vivants non humains et le non-vivant, nous produisons les conditions de notre vie sur terre. Cette expression de nous-mêmes ne peut être que souveraine, relever d'une libre participation à des fins librement décidées en commun. »

On notera avec profit que la réponse au capitalisme néolibéral en échec et au massacre écologique de la Nature (extractivisme illimité) s'avère la même. Elle répond aux deux problèmes existentiels actuels de l'humanité, générés depuis 5.000 ans.

Concrètement et juridiquement ? Pour reprendre un mot pertinent rappelé par nos deux auteurs, utiliser un déjà-là communiste : les SCOP. Lesquelles respectent les travailleuses et travailleurs à la production, distribution et consommation des biens et services. De mon côté, je l'ai nommé « Capitalisme coopératif » (cf. son podcast). Pour des raisons historiques évidentes, j'ai substitué communiste par coopératif. Mais dans ma bouche, du moins aujourd'hui, ils sont synonymes. En revanche, j'avais conservé le vocable capitalisme dans la mesure où, comme Marx le pensait et à l'inverse de la pensée socialiste, on ne l'abolira pas de l'extérieur par un Grand Soir mais de l'intérieur, tel un parasite qui ronge peu à peu son hôte. Les parasites sont les déjà-là communistes, notamment les SCOP.

Les SCOP sont des entreprises privées, appartenant à leurs salariés, lesquelles appliquent la réelle démocratie (cf. le podcast Les deux démocraties) et permettront de sortir de l'intérieur, de métamorphoser cet infect capitalisme en un « Capitalisme coopératif » au profit de tous. À ce jour, 10 % des entreprises sont en SCOP. Il suffit de tendre vers 50 % en deux ou trois générations, puis jusqu'à 100 % pour rétablir ce monde de mort en monde de vie.

J'avais compris le rôle primordial des SCOP en réelle démocratie. Mais, au final, je ne savais pas que j'étais un communiste qui s'ignorait, à cause de ma propre lacune du marxisme. Toutefois, le plus étrange réside dans l'apparente opposition entre le matérialisme du communisme, lequel, contre toute attente, rejoint la nature spirituelle de l'être humain telle que je l'ai définie. Bref, par nature, nous sommes à la fois communistes au sens de Marx et spirituels au sens du Christ (cf. les podcasts La pensée du Christ I & II).

Si vous souhaitez aborder notre nature double, avec son versant spirituel (non-religieux), une autre approche de la politique et sa transcendance (un ascenseur), ses « deux pouvoirs », le bon et le mauvais, ainsi que la Loi universelle de coopération et la Relation universelle humaine, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Jean-Charles Conti, Draguignan, le 4 septembre 2026

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