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La violence d'État ?
Politique Française Jean-Charles Conti

La violence d'État ?

Dans une précédente Actualité, j'ai montré que toute violence s'originait dans notre rapport au pouvoir : soit par un pouvoir toxique contre autrui, soit, face à ce pouvoir toxique, le sentiment de subir une perte de pouvoir sur sa vie (cf. le podcast Les deux pouvoirs). Examinons le cas de la violence d'État, celle qu'exerce précisément le président Macron sur son peuple depuis 2018, depuis les Gilets jaunes.

Selon La Var politique, lors de son allocution de 8 mn du 18 octobre 2026, le Président des Français a évoqué les revendications des lycéens durant seulement 22 secondes (soit 4,5 % du temps), sans même jamais y répondre. En revanche, après plus de 3 mn sur les violences issues du mouvement, il s'est permis, en guise de réponse, de violer le droit constitutionnel de manifester.

Cet abus de pouvoir caractéristique n'est que la pointe de l'iceberg d'une politique autoritaire, voire fascisante depuis les Gilets jaunes, du moins selon les chiffres calculés toujours par La Var politique. Avant le 17 octobre, toutes les chaînes de télévision consacraient plus de 50 % de leur temps aux violences et au maintien de l'ordre, mais seulement 30 % aux revendications. Mais après le 17 octobre, l'écart se creuse de manière significative. En moyenne, sur tous les journaux télévisés, toujours plus de 50 % sur les violences mais seulement de 3 à 22 % maximum sur les revendications (BFM 3 % et la chaîne publique France info 22 %).

La Var politique a comparé le même temps d'antenne lors des revendications des Gilets jaunes le 1er décembre 2018. Les résultats sont sensiblement les mêmes, avec une tendance haussière en 2026 s'agissant du temps d'antenne sur les violences. Nous sommes donc face à une réelle politique fondée sur la « violence d'État » contre le peuple, qui a pris naissance un an après l'élection du président Macron.

Du reste, j'avais déjà signalé sa surdité durant ses deux quinquennats : 1/ que l'on vous propose des pétitions (loi Duplomb), 2/ des cahiers de doléances (Gilets jaunes), 3/ une convention citoyenne sur le climat, 4/ des plateformes pour les lycéens ou, pire encore, 5/ que vous perdiez les élections en 2024, vous n'écoutez RIEN !

Dès lors, l'une des conséquences est la suivante : quand un État n'écoute pas la souffrance de son peuple, non seulement celui-ci se révolte, mais il finit par se révolter avec violence. Ce qui confirme ma thèse sur l'origine de la violence. D'un côté, le détenteur de la violence dite légitime en abuse et, de l'autre, les « abusés » répondent par la violence, n'ayant plus aucun autre moyen de se faire entendre. Du coup, la frustration sociale étant contagieuse, le mouvement s'étend aux autres frustrations, comme celles des étudiants, du corps médical, des pompiers ou plus généralement des fonctionnaires. Sans compter l'appel à la généralisation de la grève le 5 novembre par la CGT, en la personne de sa secrétaire générale Sophie Binet.

Toutes les révoltes ne mutent pas en révolution. Les quelques mois à venir le diront. Mais gageons que le pouvoir d'État doit trembler. Et il a raison ! Il va donc employer tous les moyens coercitifs pour se maintenir jusqu'à l'élection présidentielle.

Quoi qu'il en soit, les études de La Var politique en disent long et surtout répondent très clairement aux commentateurs inféodés au gouvernement Macron, lesquels n'ont à la bouche que ces mots : « Allez-vous condamner sans équivoque les violences urbaines ? » Et que répondent les Insoumis, coincés entre ce qu'ils savent et le politiquement correct que la bien-pensance leur impose ? Évidemment, ils condamnent, alors que même les pilleurs ne font que répondre légitimement à la violence d'État. Du coup, la moindre des choses serait que le même État indemnise les victimes des conséquences de sa propre violence.

En conclusion, la violence d'État utilise ses services de renseignement impunément (cf. le scandale sur LFI dénoncé par Mediapart) et s'appuie sur la violence des médias, lesquels n'invitent quasiment que des commentateurs inféodés. De temps en temps, ils tombent sur un os : une femme procureur, par exemple, a osé s'opposer clairement à l'intervieweuse. Laquelle, ne s'y attendant pas, blêmit sur-le-champ. En clair, toute la classe dominante tape sur le peuple ; ce qui n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche, c'est qu'ils ne se cachent même plus. Ce qui n'est pas du tout un bon signe. Rappelons la règle du fonctionnement d'un pouvoir toxique : plus un pouvoir perd pied, plus il augmente la dose de répression et de violence.

Souvenons-nous comment M. Macron interpelle les manifestants le même 18 octobre : « Comment des Français peuvent faire cela à la France ? » C'est dire la dose d'aveuglement d'un pouvoir toxique contre un peuple. Mais pour quel motif ? Pour ne rien céder, surtout quand le capitalisme économique et financier s'avère actuellement moribond. Céder à la revendication de dix petits milliards aux lycéens ouvrirait la boîte de Pandore. Et tout l'édifice économique contre-nature pourrait s'écrouler. Plus encore, une éventuelle crise économique pourrait s'inviter lors des élections en 2027 et faire pencher les indécis vers la gauche radicale. Ce que ne veut surtout pas M. Macron, qui souhaite faire gagner Marine Le Pen pour revenir en 2032. Souvenez-vous que ce dernier a demandé à son gouvernement de garantir un prêt bancaire en vue de financer la campagne du RN.

Quand on démonte le château de cartes, tout s'explique : derrière la violence, il y a le pognon ! Et pour voler l'argent du peuple, il faut du pouvoir.

Si vous souhaitez mieux approcher les deux pouvoirs, le bon et le mauvais, la nature de la politique fondée sur la Morale vitale, le drame de la spéculation, lequel explique la violence de Macron, mais aussi les critères et la nature de la Démocratie directe, spirituelle-laïque, je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui qui fait défaut à nos dirigeants, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde économique sain, libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !

Jean-Charles Conti, Draguignan, le 27 octobre 2026

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