
Glucksmann, candidat ou pas ?
En avant-propos de son discours présidentiel, Raphaël Glucksmann revient sur le Drame de Lyhanna afin d'introduire sa première proposition : adopter la loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, déposée par un collectif fin 2025.
Puis, en ouverture, sa première préoccupation réside dans le risque d'un conflit armé avec M. Poutine avant 2029, du moins selon les propos de Fabien Mandon, Chef d'état-major des armées. On s'en souviendra, il s'agissait : « d'accepter de perdre nos enfants ». En revanche, notre non-candidat ne dit pas ce qu'il propose ? Comment ? Et par quel moyen financier ? Il nous livre juste sa conviction : la guerre est à nos portes ! Sans argument…
Après cette entrée en matière combattive, Glucksmann veut lutter contre trois addictions qui étranglent le pays : énergétique, industrielle et technologique.
Pour les énergies fossiles, il déclare la « République écologique ». Mais avec une seule mesure concrète : le leasing social. Permettre aux Français modestes « d'avoir accès à une voiture électrique contre un loyer de 100€/mois ». Une idée reprise à Macron en 2017 qu'il fustige en même temps : « J'ai toujours su qu'il n'avait rien compris à l'écologie, déclare-t-il. »
Sur le terrain industriel, il proclamera « l'état d'urgence pour tous les secteurs menacés par la Chine ». Mais comment va-t-il réindustrialiser la France et par quel moyen financier ? Le presque candidat ne le dit pas !
Enfin, « Notre ennemi, notre ennemi a un visage. Et il a un nom. Il en a même plusieurs. », dit-il avec un accent hollandiste : notamment celui d'Elon Musk et autres, cognant les géants du net. Sa mesure : « réguler les plateformes » et « supprimer les publicités obligatoires… » Là encore, comment et par quel moyen ? Sa réponse, étrangement improbable : « Je suis anticapitaliste, et de préciser comme pour s'en convaincre, je suis fier d'appartenir à cette gauche démocratique et républicaine. » Mais de quel anticapitalisme parle-t-il ? Celui du NPA ou des Insoumis, comme la taxe Zucman contre les ultrariches. Une figure rhétorique que dénonce avec pertinence Clément Viktorovitch.
En synthèse, Raphaël Glucksmann, qui s'était laissé trois mois avant de se déclarer, se veut résolument à Gauche, celle qui va gagner, mais sans un vrai programme. Un programme soutenu par cette Gauche sociale-démocrate, toute aussi résolument capitaliste et néolibérale. Ce n'est pas la seule contradiction : « Notre gauche s'engage dans le progrès scientifique et social », martèle-t-il, tandis que le grand absent de ce discours présidentiel est son volet social. Rien s'agissant des retraites, du SMIC ou autres, exceptées de vagues promesses : améliorer les conditions de travail, la hausse des salaires ou imposer dans le débat « la taxation des super successions et des plus hauts patrimoines ».
Ses mots-clés : liberté, justice, solidarité, confiance en l'avenir et souveraineté, qui lui valent une ovation du public. Et pour cause, puisqu'il s'agit des « valeurs universelles » gravées dans les cœurs de chacun, mais toujours sans dire comment les éveiller concrètement. Bref, un étrange discours présidentiel d'un candidat non-déclaré. Donc vidé de sa substance tant sur le fond que dans la forme. Pire encore, il se veut le représentant des socialistes et écologistes, alors que le parti socialiste n'a pas encore arrêté sa stratégie pour la présidentielle et que les écologistes se menacent entre eux d'exclusion.
Mélenchon et ses Insoumis doivent bien rigoler !
Si vous souhaitez aborder une autre approche de la politique, ses « valeurs universelles », je vous invite à visiter le site www.aucoeurdespeuples.org (tout y est gratuit). Le jour où nous serons une majorité à éveiller en nous le processus démocratique universel inné, celui que récuse un Retailleau, alors nous pourrons restituer le « pouvoir en commun » aux peuples et bâtir un monde libre et en paix. D'un paradis terrestre, nous en avons fait il y a 5.000 ans un enfer. Il ne tient qu'à nous, les peuples, et seulement à nous, de sauver la planète qui ne supporte plus nos mensonges politiques, écologiques et économiques !
Jean-Charles Conti, Draguignan, le 19 juin 2026
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